OU B
Cette affinité des voyelles pour de certaines notes fixes se constate principalement aux limites des registres de fausset ou de poitrine. Une voix de femme, qui veut donner une note plus grave que Vut^^ tourne toujours involontairement à l'O ou à l'OU. Au delà du mi^, c'est d'abord l'A qui sort avec le plus de facilité ; en dépassant le si^, on tombe dans le domaine de l'I. Ce sont là des faits qui intéressent à un haut degré les compositeurs et leurs paroliers.
Jean Mûller et d'autres physiologistes ont étudié mécanisme de la voix humaine au \xvq^«v\ 4ft. W^
piB» L'ACOUSTIQUE. ^^BHIP^
artificiels, fabriqués avec des bandes de caoutchouc que l'on llxe à l'extrémité d'un tube et auxquelles des pinces permettent de donner une tension variable. En soufflant dans ces appareils, on produit des sons très-serablaiiles à ceux de la voix.
Pour imiter les voyelles, la théorie du timbre montre qu'il faut renfoncer dans ces sons certaines notes liises. C'est ainsi que M. Willis produit artificiellement les Toyelles à l'aide d'un sifflet à anche, monté sur un tuyau dont ou peut à volonté varier la longueur. A la place de ce tuyau on pourrait se servir de résonanleurs accordés par les notes caractéristiques des voyelles.
En ajoutant à ces appareils des membranes susceptibles de produire les bruits qui caractérisent les cousonnes, il est possible d'imiter la parole. On connaît ces poupées mécaniques qui disent très-hien papa, maman. A Londres, j'ai vu chez M, Wheatstone une espèce de cornemuse qui prononce de courtes phrases. Werscnue parle d'un or;^ue qui prononçait les vojciles et les consonnes. En 1791, van Kempelen moDtrait un automate qui parlait, mais des témoignages contemporains ne donnent pas une grande idée de la ressemblance de ces sons artificiels avec ceux de la voix. La machine parlante qui fut construite plus tard (1842) par un mécanicien de Vienne, nommé Faber, était plus parfaite. On peut encore citer la machine parlante de Mical(1780) et celle de Kratzenstein (1782?).
Le jeu d'orgue qu'on appelle la voix humaine n'est qu'un registre de tuyaux d'étain très-courts qui (mrnissent un son le plus souvent aigre et criard.
Chez les oiseaux, l'appareil vocal se trouve placé très-bas dans le gosier ; c'est ce qui fait que Cuvier a pu couper le cou à un oxïtau. «\wi ?.»]«> Vcraçêcher
de crier. Chez rhomme, une ouverture accidentelle du larynx rend la formation de la voix impossible : iMagendie connaissait un homme qui était obligé de porter toujours une cravate avec un clapet pour boucher une fuit^ qu'il avait dans le gosier.
Les ventriloques ne parlent pas autrement que le commun des mortels, seulement ils évitent d*ouvrir la bouche assez grande pour qu'on puisse les voir parler, expirent le moins possible et remuent à peine les lèvres. Leur voix parait alors changée, plus sourde, et comme venant de très-loin. Cela ne s'obtient pas sans un grand effort de poumons, qui fatigue la poitrine et qui oblige les ventriloques à reprendre de temps à autre leur voix naturelle ; le dialogue les repose en même temps qU*il les aide à tromper les assistants. Ils parlent aussi en aspirant, et le son étouffé qu'ils produisent ainsi semble avoir traversé des masses sourdes, comme les murs et le plancher. Ils complètent l'illusion en imitant les inflexions qu'on emploie quand on crie de très-loin, et en désignant d'une manière plus ou moins ingénieuse le côté où ils veulent que l'on cherche l'origine du son. Mais une fois qu'on est familiarisé avec la voix d'un ventriloque, on n'est plus trompé par lui ; Robertson fit cette expérience avec son domestique, qui était un fameux ventriloque^
Ce que les ventriloques trouvent en général trèsfacile, c'est d'imiter une voix d'enfant. Ce qu'il y a de plus difficile pour eux, c'est de chanter avec une voix d'emprunt ; ils y réussissent rarement.
Cet art libéral était connu de toute antiquité ; les sorciers et sorcières le pratiquaient. Parmi les ventriloques célèbres, nous citerons Louis Brabant, valet de chambre de François P; Samt-GWX^ ^ \^ \i^^wv ^«
L-lCOrSTIQFE Mengen, Charles, Comk, etc. On nconte sur ce dernier une foule d'anecdoles plus ou moins extravagantes. A Tours, il fit unjourenfoDceT une boutique fermée dans laquelle on entendait gémir une personne qui mourait de faini. A Keims, il sema la terreur parmi les habitants en faisant parler les morts. A ?(e¥ers, un âne déclara suliilement, avec forc« invectives, qu'il rcfusaitiJR porter plus loin son cavalier. Ailleurs, Comte guérit des possédés en exorcisant leurs démons, que l'uti eutcnd s'envoler en hurlant. Dans une église envaliie par des rcTolulionn aires qui s'apprêtent â y tout démolir. Comte fait parler les statues : cites reprochent aux icunoclastes leur vandalisme, et ceus-ci prennent la fuite, affolés de terreur. Un jour, il se sauva ainsi desgrifîei des paysans de Fribourg, qui voulaient le brûler comme sorcier : il les mit en déroute par une voix de loniiene qu'il lit sortir du four vers lequel on le traînait.
Une autre application de la ventriloquie est révélée par cette carte de visite :
LAUHARD
tEKTRILOQCl lUtii Imite les toii det licliiiui devanl les lOun d'tuiHt.
(hreiUe externe et interne. — Osselets. — Mécanisme de l'aurlition. — Fibres de Corti. — Inégalité des deux oreilles. — Jugement de la direction des sons.
Des deux côtés de la tête la nature a placé les oreilles, chargées de recevoir et d'introduire en présence de Vesprit les sons qui arrivent comme d'invisibles messagers de la nature. Ce n'est pas qu'ils ne puissent point parveniraunerf auditif par une autre porte. Nous avons vu qu'on peut entendre par l'intermédiaire des dents ; il existe même des exemples de sourds qui entendaient parl'épigastre; ainsi, une dame comprenait tout ce que disait sa servante quand celle-ci lui appliquait la main sur le creux de l'estomac. Mais la route normale par laquelle nous arrivent les impressions sonores, c'est le conduit auditif.
Chez rhomme et chez les mammifères, l'organe de l'ouïe comprend trois compartiments successifs : l'oreille externe j l'oreille moyenne^ l'oreille interne (fig. H5).
L'oreiiJe externe se compose d\\w cwVwvw^vt Cx.^ ç^v
L'ACOrSTHJVE.
s'ouvre au dehors â la base de l'os temporal, et il'un pavillon cbarnu, soutenu par des carlilages. C'est uoe espèce de cornet acoustique, destiné à recueillir et à concentrer lesoudessonores; lorsqu'il manque ouqu'i est seulement aplati contre la tête, l'ouïe perd beaucoup de sa linesse. Cbez beaucoup d'animaux celte
conque est mobile : les cbevaux, les cbiens dressent les oreilles pour mieux entendre. Ce mouvement est produit par le muscle peaucier de la tète. Chez Tbomme, c'est une faculté très-rare. J'ai conuu un jeune médecin, le docteur M..., qui pouvait faire aller ses ureilles comme il voulait,
L'oreille moyenne est séparée de l'oreilli* externe par une membrane T, appelée tympatt, qui forme une sorte de caisse creusée dans la partie la plus dure de l'os temporal. C'est cette membrane qui reçoit les vibrations sonores et les transmet à l'intérieur. Chez les oiseaux et les reptiles, elle est presc^ue à fleur de tétc.
La caisse du t^mçan comtTOHftipaX-fetçwKsaN. wm
rarnère-bouche par la trompe d^Eustache E, et c'est grâce à cette circonstance que l'air qu'elle renferme s'équilibre sans cesse avec l'atmosphère. On s'assure facilement que cette communication existe. Quand on souffle en fermant le nez et la bouche, on sent que le tympan se gonfle sous la pression de l'air intérieur, et si on aspire dans ces conditions, il est tiré en dedans. Ceci explique pourquoi il est bon d'ouvrir la bouche lorsqu'on est à côté d'une pièce d'artillerie qui* tire : on diminue ainsi la pression que la détonation exercerait sur le tympan, si elle n'arrivait que par le conduit auditif.
La paroi osseuse opposée au tympan est percée de deux petits trous o, o', qu'on nonîme la fenêtre ronde et la fenêtre ovale, et qui sont fermés tous les deux par des membranes très-minces. La fenêtre ovale, qui est au-dessus de l'autre, communique avec la membrane du tympan par la chaîne des osselets ; ce sont : le marteau m (fig. 115) dont la queue s'attache au milieu du tympan t; l'encluine n, qui ressemble à une molaire et sur laquelle s'appuie la tête du marteau ; le petit os lenticulaire l et Vétrier e, qui adhère par
sa base à la membrane de la fenêtre pig.^jg.osseieb. ovale. De petits muscles attachés aux parois de la caisse peuvent agir sur le marteau et sur l'enclume et les faire tourner ensemble autour d'un axe horizontal ; la queue du marteau tire ou pousse alors la membrane du tympan, et la queue de l'enclume agit surl'étrier.
L'oreille interne ou labyrinthe se compose du vestibule V (fig. 114), surmonté des trois canaux semi-circul air es R et du limaçon L, (\\\\ ;\ e^^ç\ft\w^vX.\^\^^\wt.