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extérieure et intérieure d*une coquille turbinée. Le vestibule s'abouche à la fenêtre ovale, le limaçon à la fenêtre ronde, mais ils communiquent entre eux par une ouverture assez large. Le labyrinthe osseux renferme le labyrinthe membraneux, espèce de sac qui a la même forme générale et qui représente la doublure intérieure de ces diverses cavités ; il nage dans un liquide appelé la vitrée auditive et reçoit les terminaisons du nerf acoustique N.
Voici maintenant le mécanisme de l'audition. Les vibrations du tympan se communiquent par l'air de la caisse à la fenêtre ronde et par les osselets à la fenêtre ovale. Les membranes qui ferment ces orifices font vibrer le liquide du labyrinthe et , par suite , les 6\e\& flottants du nerf acoustique ; c^est ainsi que nait la sensation du son.
Le marteau sert probablement aussi à donner au tympan une tension variable lorsqu'on écoute avec attention. Les mouvements du muscle qui le commande peuvent être volontaires ; Fabrice d'Aquapendente produisait un petit bruit dans son oreille en agissant sur le marteau, et Mùller, qui possédait la même faculté, faisait craquer ses osselets de manière qu'une autre personne pouvait Tentendre. M. Daguin a observé que, lorsqu'il maniait dans le silence des objets très-petits et qu'il en laissait tomber un par mégarde, il entendait un tintement bref et aigu, dû probablement à la mémo cause. Ces faits peuvent prouver que le marteau tend le tympan lorqu'on prête V oreille^ comme la pupille s'accommode lorsqu'on veut fixer Tœil sur un objet.
Le tympan n'est pas absolument indispensable '^ l'ouïe; quand il esl dèd\\tè,ow^vA.^wdeacore, quoique
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moins bien, par- les membranes des deux fenêtres, que Tair ambiant ébranle alors directement.
La membrane intérieure du limaçon est tapissée de fibrilles élastiques, qui ont été découvertes par le marquis de Corti et qui portent son nom. Les fibres de Cùrti forment, en quelque sorte, les terminaisons des filets du nerf auditif. M. Helmholtz pense qu'elles sont accordées chacune pour une note spéciale, et comme elles sont au nombre de plus de 3,000, il y en aurait environ 400 pour chaque octave. L'intervalle d'une fibre à la suivante serait alors d'un 66"® de ton, et elles formeraient un clavier bien suffisant pour représenter toutes les notes que l'oreille peut distinguer. Nous avons déjà TU comment cette disposition naturelle explique la perception du timbre et son morcellement en notes harmoniques.
Cette idée profonde a été confirmée d'une manière inattendue par les récentes recherches de M. Victor Hensen sur Touïe des crustacés décapodes. Ayant placé des palémons ou des mysis dans de l'eau de mer chargé de strychnine, afin d'augmenter le pouvoir réflexe des centres nerveux, M. Hensen a vu ces animaux tomber en convulsions au moindre bruit. Il a constaté ensuite que l'audition a lieu chez eux par l'intermédiaire de poils auditifs, et que chaque brin vibre à l'unisson d'une note déterminée. Lorsqu'il regardait sous le microcospe le point d'attache d'une corde nerveuse à la languette d'un poil pendant qu'un musicien jouait du cor, ce point devenait indistinct par suite du mouvement très-rapide du poil chaque fois qu'on donnait certaines notes, tandis que les poils voisins restaient immobiles. L'un de ces brins répondaità ré^U et à re\t^, un peu moins à sol^ et encore ïuoVvv^ '^ so\;*^ ^'îi>\,\^^^-
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blemeol pour ton fondamental un harmcmique oommuD à ces quatre notes et situé entre ré^ et réfi- Un aatn brin vibrait sous Tinfluence des notes /a^#, ré^tt et Isg, ce qui indiquait le ton lajt.
Dans le vestibule et les canaux aemi-eirculaires k terminaisons des nerfs se trouvent dans d'autres oooéh tiens. On y remarque de petits eristaux appelés otoMa et des poils élastiques qui paraissent destinés à soutenir mécaniquement les vibrations des filets nerveux. Scàrfi et Tréviranus croyaient que cette constitution dilBrente des diverses ramifications du nerf acousfiqBe devait avoir pour but de nous faire distinguer la haa* teur et le timbre des sons ; mais Tétat actuel de aoi connaissances ne permet pas encore de tout défiiûr dans cette mystérieuse organisation de Tappareil afr ditif.
La paralysie du nerf acoustique entraîne une mtSUi incurable. L'atrophie de certaines parties du réseau de Corti expliquerait la surdité partielle qui est cause qu^on n'entend plus des sons d'une certaine hauteur. Les notes très-élevées cessent d'être perceptibles pour beaucoup d'oreilles. Wollaston a trouvé plusieurs personnes incapables de distinguer la stridulation aiguë des grillons, et d'autres qui n'entendaient même pas le pépiement des moineaux. Pourquoi n'y aurait-il pas des animaux pour lesquels les sons trop aigus pour les oreilles humaines seraient encore perceptibles? Certaines espèces de criquets se trémoussent comme leurs congénères, mais sans qu'on entende la moindre stridulation : peut-être qu'en réalité ils font une musique qui n'est perceptible que pour ses auditeurs naturels.
On rencontre des musiciens qui jouent dans un orastre et remarquent \^ TaovoÀs^ \«»asfcxtfAfe^\wm^i
ne peuvent faire une conversation sans se servir d*un Gomet acoustique. Un phénomène très-bizarre est celui (fa^ M. Willis a désigné sous le nom de paracousis. Voici en quoi il consiste. Certaines personnes qui ont l'oreille dure et qui ordinairement n'entendent pas les sons faibles, les entendent tout à coup lorsqu'ils sont accompagnés d'un grand bruit. M. Willis a connu une dame qui se faisait toujours suivre par une servante chargée de battre le tambour pendant qu*on lui parlait; elle entendait alors très-bien. Une autre personne n'entendait que lorsqu^on sonnait les cloches. Holder cite deux autres exemples analogues : celui d'un homme qui était sourd lorsqu'on ne battait pas la grosse caisse à côté de lui, et celui d'un autre qui n'entendait jamais si bien que lorsqu'il était dans une voiture qui cahotait sur le pavé. Un apprenti cordonnier ne comprenait que pendant que le maître battait le cuir sur la pierre. Ces faits s'expliquent probablement par le relâchement habituel des muscles du marteau, qui ne tendent plus le tympan que lorsqu'ils sont excités par des vibrations très-fortes.
Chez beaucoup de personnes, les deux oreilles sont inégalement sensibles. D'après les expériences de M. Fechner, on entend généralement mieux du côté gauche que du côté droit. M. Fechner croit que l'habitude de dormir sur l-oreille droite est la cause probable de cette différence. Ittard cite un autre fait plus curieux : il dit avoir connu un individu dont les deux oreilles entendaient toujours deux notes différentes. M. Fessel, de Cologne, a fait récemment la même observation sur lui même. Pour son oreillle droite, le même son est plus aigu que pour l'autre oreille. Frappa de ce fattf M. Fessel a examiné Vouv^ ^xxw %\^\A ^^^
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bre de personnes, el il a constate que la iiiêmB iiiBrmilé I était beaucoup plus répandue qu'on ne l'aurait cru. Di sorte qu'on peut demander à un musicien s'il enlenJ parler de son ta droit ou de son la gauche, M. Fessel prétend même que le phénomène est objectif, et i]uc le même diapason donne réellement une note de ré^onnance plus élevée lorsqu'il vibre devant l'oreille à laquelle il paraît plus aigu que lorsqu'il vibre devant l'oreillc opposée ; cette note de résonnance est entendue de la même manière par une autre personne que celle qui fait l'expérience.
Comme les deux yeux nous procurent l'imprcssioti du relief géomélrique des corps, les deux oreilles noui servent à juger de la direction des sons. Quand on a les yeux bandés et une oreille bouchée, on croit que tous les 3ona viennent dans la direction de Toreille libre; ou du moins le jugement devient très-incertain. C'est la conque de l'oreille qui nous aide surlout à nous orienter et à reconnaître la direction des ondes sonores. Diderot rsconte qu'un aveugle qui se disputait avec son frère prit un objet qu'il avait sous la main et le jeta très-bien à la tête de l'autre; l'oreille avait guidé son bras.
Les aveugles ont en général l'ouïe très-fine , parce qu'elle leur remplace jusqu'à un certain point la vue. Itard a imaginé , pour apprécier la finesse de l'ou'ie, un instrument qu'il appelle aeoumèlre. C'est un anneau de cuivre suspendu à un 61 , sur lequel frappe la boule d'un petit pendule que l'on écarte de la verticale d'une . quantité toujours la m^e. On mesure la distance à laquelle le son cesse d'être entendu. Freycinet s'est servi de cet appareil pour è\udv«T Vquw des sauvages. Chez les oiseaux noc\uvQ«& tik. ^^\«& «avRvieu. ^a^
comme le lièvre , l'oreille externe est très-déve-
oreilles des animaux inférieurs sont incomplètes, es poissons, c*est la caisse du tympan qui manque ; létres ronde et ovale sont à fleur de tête.
articulés n'offrent pas d'appareil auditif appa- Parmi les mollusques , on n'en connaît qu'aux lopodes : il s'y réduit à l'expression la plus simple : ule et nerf acoustique.
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■ USIQUE ET SCIENCE
PriBfîpe de )j nsaâqae. — Savivnr. — Evier. — Rameaa. — Hdmboltz. — Caoâoaiuiice eC dbâonaBce expliqaée» par le» iMttemcBU. — Accords.— ■«4es aujear el mucar.
Le dédain aTCC lequel la plupart des musiciens repoussent toute tentatÎTe d'ipyasioa des sciences exactes dans leur domaine est jusqu'à un certain point justi- Gé. Le secours que les mathématiques avaient apporté à la science musicale se réduisait encore naguère à fort peu de chose; à peine avait-on indiqué quelques vagues analogies qui n'expliquaient rien. On tournait dans un cercle vicieux ; le plaisir de Toreille était érigé en principe et faisait la base de tous les systèmes ; il était à la fois le but et le point de départ.
On savait ceci : les accords consonnants correspondent à des rapports de nombres entiers. Les pythagoriciens tournaient et retournaient ce thème sans en tirer autre chose que des aphorismes sur l'harmonie du monde et sur la puissance occuUe des nombres. On a ulu retrouver les sept noVes à^Vai ^^vs\\!ûfc \>\^a^^ ^^s»&
les mouvements des corps célestes, et le grand Kepler lui-même s'abandonnnait volontiers à des spéculations niystiques sur cette matière.
Les idées de Sauveur sont plus claires. Voici comblent il s'exprime en 1701 : « L'âme, dit-il, par sa nature, aime en même temps, et les perceptions simples, parce qu'elles ne la fatiguent point, et les perceptions variées, parce qu'elles lui épargnent l'en- Dui de l'uniformité. Toute variété qui plaît à l'âme est donc renfermée dans certaines bornes; il faut qu'elle •soit en. deçà du point où elle deviendrait difficile à apercevoir, confuse, trop mêlée, trop compliquée...» Il explique ensuite que les accords sont agréables par les rencontres plus ou moins fréquentes des vibrations. Quand ces rencontres deviennent déjà rares, comme dans les tierces, où elles n'ont lieu qu'une fois pour cinq ou six vibrations, les perceptions sont moins simples, mais cependant encore agréables précisément parce qu'elles sont un peu variées , les contrastes faisant mieux ressortir les concordances. Mais il y a un terme où finit l'agrément de la variété, et ce terme est donné par le rapport 5:6. Sauveur fait ensuite remarquer que les accords ne donnent pas de battements et que les dissonances en donnent.
VHistoire de l' Académie (année 1700, p. 145) renferme encore à ce sujet le passage suivant : « Les battements ne plaisent pas à l'oreille, à cause de l'inéga*lité du son, et l'on peut croire avec beaucoup d'apparence que ce qui rend les octaves si agréables, c est qu'on n'y entend jamais de battements. En suivant cette idée, on trouve que les accords dont on ne peut entendre les baltements sont justement ceux (\ue les musiciens traitent de cojisonuarvce^^ eX cçûfc ç^evw^ ^^^
les battements se font sentir sont les dissonances, et que quand un accord est dissonance dans une certaine octave et consonnance dans une autre, c'est qu'il bat dans l'une et qu'il ne bat pas dans l'autre; aussi est-il traité de consonnance imparfaite. Si cette hypothèse Bst vraie, elle découvrira la véritable source des règles de la composition, inconnue jusqu'à présent à la philosophie, qui s'en remettait presque entièrement au jugement de l'oreille. Ces sortes de jugements naturels, quelque bizarres qu'ils paraissent quelquefois, ne le sont point, ils ont des causes très-réelles, dont la connaissance appartient à la philosophie, pourvu qu'elle s'en puisse mettre en possession. »
Sauveur (ou plutôt Fontenelle, l'historien de l'Académie) ajoute plus tard, en revenant sur cette idée, que le terme de l'agrément des accords n'a peut-être pas été fixé par la nature, et que ce qu'on appelle une oreille fine est peut-être le résultat d'un long usage, d'anciennes habitudes et de préjugés arbitraires aussi bien que d'une faculté innée ; ce qui explique l'extrême différence du goût des nations pour la musique. Nous verrons bientôt que Sauveur approcha beaucoup de la vérité.
Dans la première moitié du dix-huitième siècle, vers 1740, le grand mathématicien Léonard Euler s'efforce à son tour d'expUquer les rapports des intervalles musicaux par des considérations tirées de la psychologie. Voici son raisonnement : Ce qui nous plaît, c'est toujours ce qui, à notre sentiment, possède une certaine perfection, et dans toute chose où il y a de la perfection, il y a nécessairement aussi de l'ordre, c'est-à-dire une \o\ q\\e\eowc^\y^. \Iw chant nous plaira donc si nous reconaamowà \ o^ôit^ ^^^ ^ws& ^\ V
composent, et il nous plaira d'autant plus qu^il nous sera plus facile de saisir cet ordre. Or, dans les sons il y a deux choses où l'ordre peut se manifester : l'une est la hauteur des sons représentée par le grave ou l'aigu, l'autre est la durée. La hauteur se mesure par la vitesse des vibrations, la durée par le temps durant lequel un son se fait entendre. L'ordre dans h durée est le rhythme ou la mesure ; l'ordre dans la hauteur consistera dans une proportion simple entre les vibrations. Le degré d'agrément de ces proportions, c'est-à-dire des intervalles musicaux, dépend de leur simplicité, car l'oreille les apprécie d'autant plus facilement qu'ils sont exprimés par des nombres plus simples, et le plaisir est plus grand lorsqu'il nous coûte moins. En développant ces principes, Euler parvient à établir les règles de l'harmonie.
Ce qui manque à sa théorie, c'est qu'elle ne se fonde sur aucun fait certain. Rien, en effet, ne nous autorise à admettre que l'oreille puisse juger des rapports de vibrations qui no durent que des millièmes de seconde. Les observations des astronomes montrent que l'oreille sépare tout au plus deux battements de pendules dont l'intervalle est d'un cinquantième de seconde^ Comment supposer qu'elle puisse apprécier numériquement les rapports de deux nombres de vibrations tels que 5,000 et 5,050, par exemple, où il y a respectivement 100 à 101 vibrations par seconde? Et pourtant elle reconnaît facilement ce rapport en tant qu'intervalle musical ; il ne diffère pas beaucoup d'un comma.
En 1726, Rameau donna une autre théorie, que d'Alembert ne dédaigna pas de prendre sous son égide. Elle semble, au premier abord, pouvoir rendre rakou du plaisir que nous cause lamus\c\\\e.\V ^V Vs:^'^-^^^'^^
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