‹ L'acoustique, ou, Les phénomènes du sonChapitre 2 sur 24 · LE S05 DJI5$ LA ^ATCBE · texte numérisé non relu

LE S05 DJI5$ LA ^ATCBE

aiguë et stridente est le propre dn bouc; die un teinpérameot pétulant et libidînem et annoore aoe odeur forte. Néanmoins, ces maoraises dispasîtîoos naturelles peuvent être corrigées par Tédiicatioa et par la

volonté.

Les oiseaux sont de tous les animanx les mieux doué« sous le rapport de la voix. Void d*abord le perroquet, auquel rien ne manque pour imiter la parole humaine. Mais cette imitation est toute machinale, et la merveilleuse faculté que nous admirons dans le perroquet ne lui donne aucune prééminence, ne suppose en lui aucune supériorité sur les autres animaux: en répétant les mots qu'il entend prononcer, il prouve seulement sa parfaite stupidité.

Les sansonnets, lesmerles, les geais, les corbeaux, les choucas, qui tous ont la langue épaisse et arrondie comme le perroquet, arrivent également à imiter la parole d*une manière plus ou moins parfaite. Pourquoi ces oiseaux restent-ils toujours privés de cette expression de l'intelligence qui fait le langage humain ? Buffon en trouve la raison dans leur prompt accroissement pendant le premier âge, et dans la courte durée de leur société avec leurs parents, dont les soins se bornent à l'éducation corporelle et ne se répètent ni ne se continuent assez de temps pour produire ces impressions durables et réciproques qui sont la source de Tintelligcnce.

Les oiseaux qui ont la langue fourchue sifflent plus aisément qu'ils ne jasent. Quand cette disposition naturelle se trouve réunie avec la mémoire musicale, ils apprennent à répéter des airs : le serin, la linotte, le larin, le bouvreuil, se distinguent par leur docilité. Le perroquet, au contraire, n'apprend guère à chanter, mai^ il imite les bruits et les cris des amm«Ma!L^N\^w

U L'ACOUSTIOLiE.

tend, il miaule, il aboie aussi facilement qu'il contrel la parole. Le merle moqueur est doué du même taie Le vrai chantre de nos forêts, c'est le rossignol. I la variété prodigieuse de ses intonations et par 1' pression passionnée que peut prendre sa voix, il effi

Fig. i. ItotsigODl.

tous ses camarades. Ordinairement le ctiant du ros gnol commence par un prélude timide, indécis ; peu peu il s'anime, s'échauiïe, et bientôt on l'entend lanc vers le ciel les fusées de ses notes vives et brillantes. ' sont des coups de gosier éclatants, qui alternent ai un murmure à peine perceptible ; des trilles, des ro lades précipitées et nettement articulées, des cadenc plaintives, des sons filés, des somyivïs iimaureux... d

temps à autre un court silence plein d'eifet, puis le ramage reprend et les bois retentissent de nouveau d'accents doux et pénétrants qui remplissent l'âme de langueur. La voix du rossignol porte aussi loin que la voix humaine, on l'entend très-bien à 2 kilomètres lorsque l'air est calme; on l'entend d'autant mieux que le rossignol ne chante que la nuit, alors que tout est silence alentour. En général, ce n'est que le mâle qui chante ; cependant, on a vu des femelles qui apprenaient également à chanter. Les rossignols captifs chantent pendant neuf ou dix mois de l'année ; en liberté, ils ne commencent qu'au mois d'avril et finissent au mois de juin ; passé ce mois, il ne leur reste qu'un cri rauque, une sorte de croassement. Pour les faire chanter en cage, il faut d'ailleurs les bien traiter, leur faire illusion sur leur captivité en les environnant de feuillages ; dans ces conditions, ils se perfectionnent même et chantent plus agréablement que les rossignols sauvages. Le rossignol captif embellit son chant naturel des passages qui lui plaisent dans le chant des autres oiseaux qu'on lui fait entendre. Le son des instruments, celui d'une voix mélodieuse l'excite, et stimule son talent ; il cherche à se mettre à l'unisson et à éclipser ses rivaux, à couvrir tous les bruits qui se font à côté de lui ; on a vu des rossignols tomber morts à force de lutter contre un chanteur rival.

Le P. Kircher, dans sa Miisurgie^ analyse longuement le chant du rossignol. « Cet oiseau, dit -il, est ambitieux et avide d'éloges ; il aime autant à faire parade de son art que le paon de sa queue. Lorsqu'il est seul, il chante simplement, mais dès qu'il est assuré d'avoir des auditeurs , il étale avec bonheur les trésors de sa voix, et invente les moàv\V^\]vç>wà X^'s»

plus variées et les plus mirifiques. » Le P. Kircher a essayé d'écrire ces modulations en mesurant la durée des notes par un métronome d'un nouveau genre : une corde d'un pied et demi, tendue de manière que chaque oscillation complète correspondait à un battement de pouls. Pour apprécier la hauteur des sons, il les compare aux vibrations d'une corde longue d'un pas, épaisse comme un fétu de paille et tendue par un poids d'une livre; on conviendra que cette définition laisse à désirer.

Après Kircher, Barrington a également tenté de noter le chant du rossignol, mais, de son propre aveu, sans succès. Les airs notés, étant exécutés par le plus habile joueur de flûte, ne rappelèrent pas du tout le chant naturel. Barrington dit que la difficulté doit venir de ce qu'il est impossible d'apprécier au juste la valeur de chaque note. Au reste, si l'on n'est pas encore parvenu à écrire ce chant singulier, en revanche, on réussit parfois à l'imiter en sifflant. Buffon parle d'une homme qui, par son chant, savait attirer les rossignol au point qu'ils venaient se percher sur lui et se laissaient prendre à la main. Quant à l'étendue de la voix du rossignol , elle ne paraît pas dépasser une octave; ce n'est que très-rarement qu'on entend quelques sons aigus qui vont à la double octave et passent comme des éclairs ; dans ce cas, l'oiseau fait octavier sa voix par un elfort de gosier exceptionnel et pas-

sager.

Il n'est pas bien prouvé que le rossignol puisse apprendre à parler, quoique Pline raconte que les fils de l'empereur Claude en avaient qui parlaient grec et latin. Le P. Kircher penche à croire que cet oiseau pourrait apprendre à imiter la parole humaine ; mais,

Fig. 5. Poule.

Fig. 4. Coq.

Fig. 3. Coucou.

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