‹ L'acoustique, ou, Les phénomènes du sonChapitre 3 sur 24 · IS L'ACOUSTIQUE · texte numérisé non relu

IS L'ACOUSTIQUE

dît-il, ce que Aldrovande rapporte de trois rossignols qui, pendant la nuit, se contèrent tout ce qui s'était passé dans la journée, dans un hôtel de Ratisbonne, a paru fabuleux à beaucoup de personnes, ou du moins inexplicable sans quelque insigne imposture ou sans l'intervention du démon.

Il a noté également le chant du coq, celui de la poule qui va pondre ou qui appelle ses petits, celui du coucou et celui de la caille. Nous reproduisons les curieuses figures où il représente les résultats de ces observations; nous omettons le perroquet, dont le cri naturel est exprimé par le mot grec ■/ji'.ft {ekalré) qui signifie : bonjour.

On peut dire que le chant est chez la plupart des oiseaux un appel d'amour. Presque seule, Valouetle se fait entendre depuis le printemps jusqu'à l'hiver ; c'est que seule aussi elle conserve ses ardeurs pendant toute la durée de la saison d'été. L'alouette ctiante en volant ; plus elle s'élève, et plus elle force la voix ; on l'entend encore hrsqu'cUc a disparu dans Voimx du ciel. Rien

LE SON DA5S LA f^kJVtlZ. i9

n*esl gai comme les not(^ perléei^ de r;i> Wiarit, (lu ft/iriUM a essayé de l'imiter dans un joli quatrain hum t'Àmim '.

La gentille alouette* avec uh\ iïrtfUnff Tirelire, relire et tirelirant, tire Vers la voûte du ciel : |iui» tum vol tfti iH Uéfu Vire et semble nous dire : kâum, itâU^, it4té*ti \

La calandre est une esfièc^; Aê^t Um \Aun \^fntuU* i\utf l'alouette ordinaire ; elle e»t mmunuw ett iiM\if #fi tiHun le midi de la France. Dou^ d'tine voix Uptie, id M^rM^U% elle sait varier son chant en vjmirMimui \p, rmu^UPi du chardonneret, du serin, de la VtîuMiu id tnhfta le ft'mt* lement des poussins, le m de la eliatte, eU^ Iath \HdUn oiseaux dont le gai ramage rerriplit fH^fuisifti IVfÛf le« bois, les vergers, le» jardin» et le» lf#M#|Mei»^ iiftfmr^ tiennent, pour la plupart, au genre AenfauveitfM. i/utu^ des familles les plus remarqoakle» e»t ^-^rlle de^i /;//i/i/' /o^«, qui imitent à sV méprendre, le eliarit île t/;ii» le» autres oiseaux. On pourrait le» appeler moffueurn df France^ car il» partagent le talent du mofpteur A'Am^' riquc.

L'oiseau sonneur ICampantroi a une voix tibrairt^ comme le son d'une cloche; on l'entend iii 14 kilO' mètres de distance, dan» le d^rt qu'il hahite^ Chaque matin, il entonne »e» chant», et encore k midi, quand l'ardeur do »oleil a fermé le bec de »e» collègues emplomé», il ne ce»»e pa» d'animer la solitude. C'est d'abord on en »trident, »fjivi d'one pao»#r qoi dore one mtnote ; poi» un second cri suivi d'une autre pause, et encore un cri qui expire dans un silence de six â hoit minutes que vient rompre une nouvelle série de cris saccadés.

Chez les anciens, le cjgae figumi aua&x v^xvkv ^

St L'ACOUSTIQUE.

oiseaux doués de la faculté de chanter; mais il ne chantait qu'au moment de sa mort. Cette fable a été longtemps fort accréditée ; encore aujourd'hui nous comparons au chant du cygne la dernière manifestation d'un génie qui s'éteint. Mais la voix du cygne n'est qu'une sorte de strideur que rend bien le mot drenser. Il fiistvrai que, d'après Buffon, on peut distinguer dans les cris du cygne sauvage une espèce de chant modulé, composé de notes bruyantes comme celles du clairon. Les anciens avaient ]ieut-étre sur 1 harmonie des idées très-différentes des nôtres. Ils adoraient le chant de la cigale, Anacréon lui a consacré une ode. a Heureuse cigale, dit-il, qui sur les plus hautes branches des arbres, abreuvée d'un peu de rosée, chantes comme une reine ! Tu es chérie des Muses-et de Phéfaus môme, qui t'a donné ton chant harmonieux. » Homère compare la suave éloquence des vieillards troycns au concert des cicades.

Une légende rapporte qu'un jour une cigale décida l'issue d'une lutte entre deux Joucurt) de cithare, Ëunome et Ariston. Pendant qu'Eunomc jouait, une de ses cordes se brisa mais les dieux lui invoycrent une cigale qui s étant posée sur son u)<>trument lui remplaça la corde c-issee SI bien qu il remporta la Mctoiie

Aujourd hui nous ne pouvons refy H (.gale eonmitre lu chant dans les notes

stridentes et monotones de cet insecte. Son appareil musical consiste en deux volets écail- /eux (dg. 8) placés sur le vcnlre cl içi\ t\'fcx\stent (\ue

LE SOiN DANS LA NATrUK. ))i

chei le mâle. Ces volots recouvrent doux ciiviti^H oi'i mu trouTent deux timbales ou inernbranoH pliHHi'^OH qui ri^nunneni comme du parchemin sec, et dont Ioh contraetionn el relâchements répétés produiHent un hruit de Mtridulation.

D'autres parties de cet appareil cornpti(|U(% pa* raissent être destinées à renforcer h Hon. Lu eifiah plAéienne est très-commune en Provence et remonte quelquefois assez loin dans le Nord ; on lu rencontre h Fontainebleau. « Quand elle chante, dit M. Maurice Girard, elle remue rapidement son abdomen, de manière à l'éloigner et le rapprocher alternalivement deN opercules des cavités sonores. Sa stridulation ml forte et aiguë, formée d'une seule note fréquennnent réitérée, finissant par s'affaiblir peu à peu et »ii terminant par une sorte de sifQenu^att comme gt, analogue au bruit de l'air sortant par uofi pi^tite .ouverture d'unie vessie que Ton comprime. Si on Iftiaivit, elle jette dm cris très-forts, qui diffèrent assez notablement de mou chant en liberté. x> En sifflant devant une cigale de manière à imiter sa stridulation, on la cliarme et Tattire ; il est alors facile de s'en emparer.

Dans les pays du Nord, on prend souvent pour la cigale la grande sauterelle verte dont le cri rappelle celui de la cigale ; les figures qui ornent les anciennes éditions de la Fontaine représentent au^si une sauterelle à propos de la fiable intitulée : la CUjale et la Fourmi, Ces deux insectes appartiennent cependant à deux ordres entièrement distincts : la cigale est un hémiptère, la sauterelle un orthoptère.

Chez tous les orthoptères sauteurs : grillons, sauterelles et criquets, le mâle appelle la femelle par une stridulation du^ au frottement des él^lrea-, «\i\*\^ vcà

Sï L'ACOUSTIQUE.

canisme qui produit ce bruit monotone diffère un peu

d'une espèce à l'autre '.

Le grillon ou en cri frotte l'une contre l'autre ses élytres entières, sillonnées de nervures épaisses, dures et saillantes. Les voyageurs racontent que, dans certaines régions de TAfrique, on élève les grillons dans de petites cages à claire-voie. Leur chant amoureux clianno les oreilles des indigènes; il dispose au sommeil.

Les courtiliéres ou laupes-griUons émettent des notes lentes, monotones, moins pénétrantes que celles du

Fie. 9. Crillon-

grillon cliampctre, et qui rappellent vaguement le cri de la chouette ou de l'engoulevent.

Les sauterelles produisent une stridulation aiguë par le frottement de deu.ï membranes transparentes et garnies de nervures, appelées miroirs, qui existent à la base des élytres et que l'on pourrait comparer à des cymbales. Le zig-M<j monotone de la sauterelle verte

' Voy. le Mémoire du colonel Courenii dons les Annales de la Société

s'entend le soir et toute la nuit, dans les prairies un peu humides ; le deetique chante de jour, dans les blés mûrs. Enfin, les criquets ou acridimis (ce sont eus qui ravagent nos colonies) produisent des sons moins musicaux, mais plus variés que ceux des espèces précédentes. Ils ont les cuisses et les élytres garnies de nervures saillantes très-dures. Les cuisses frottent sur les

Fig. 10. Criqunl

élytres comme un archet sur les cordes d'un violon. Ordinairement les deux pattes frottent à la fois, mais l'on voit aussi l'insecte se servir tour à tour de la patte gauche et delà droite. Une sorte de tamhour, recouvert d'une peau très-mince, qui se trouve de chaque côté du corps à la base de l'abdomen, semble destinée à renforcer le son. Le chant des criquets ressemble à un bruit de crécelle, mais avec des timbres très-divers, selon les espèces. On distingue plusieurs notes, et le chant se modifie suivant qu'il appelle une femelle ou qu'il provoque un rival. Yersin a essayé dt uftl^v Vti chant de ces insectes. Be même, C\iar\es Îiû\Xct,V»*-

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