SCENE IV
douce, très-utile môme, je crois, mais à une condition expresse: c'est qu'elle me laisserait une absolue confiance, qu'elle se tiendrait religieusement dans ses limites... Qu'elle serait enfin trèssincèrement de l'amitié et rien de plus... Je veux bien oublier quelques mots de galanterie ridicule qui vous ont échappé ces jours-ci, mais je n'en veux plus entendre... Voyez si cela vous convient, et répondez-moi en homme d'honneur.
GASTON, d'an ton grare et pénétré*
J'obéirai.
Mais... — j'y compte tout à fait.
GASTON
Vous le pouvez.
JEANNE
Eh! bien, C'e^t dit. — (eus lai tend la mafn et comme Gaston reut
la baiser)... Non, non ! votro main ! en cama rades l... (us se serrent
la main.) Maintenant, causons. (Moment d'embarras. Gaston ne trouve
rien 6 dire.) Parlez-moi de votre vie à Florence, de vos projets; de votre avenir, de ce qui vous intéresse, enfin I
GASTON, riant.
Mais ce qui m'intéresse avant tout, chère madame, c'est vous et pour entrer tout de suite dans mon rôle, et dans mes privilèges, permettez-moi une véritable question de vieil ami... Êtes-vou3 heureuse ?
JEANNE, froidement.
Très-heureuse.
GASTON
Je ne puis pas dire que j'en sois surpris. Quoique je n'aie pas l'honneur de connaître personnellement M. de Solis...
JEANNE
A propos, il m'a chargé de l'excuser auprès de vous pour cette visite qu'il vous doit.
GASTON, sMncline et reprend.
Quoique je n'aie pas l'honneur de le connaître personnellc-
ment, je n*entends dire de lui que des choses excellentes... Il paraît d'abord que c'est un homme charmant...
JEANNE, alU'nuant.
Oh! charmant... il est distingue.
GASTON
Extrêmement instruit.
JEANNE
Oh I très-instruit, cela... (Riant avec un peu d'amertume.) PreSqUB
trop pour une pauvre ignorante comme moi!
GASTON
Infiniment d'esprit.
JEANNE
Beaucoup, oui... un esprit un peu caustique, un peu froid... un peu aigu!... mais beaucoup d'esprit.
GASTON
Ah! légèrement original, en ce cas?
JEANNE, appuyant.
Légèrement.
GASTON
Mais cependant un caractère d'or, dit-on... très-doux... Irèsfacile...
JEANNE
Très-indifférent surtout... impassible.
GASTON
Mon Dieu ! c'est assez la manière d'être des anciens militaires... Car je ?îiis que M. de Solis a servi dans l'état-major, et même avec beaucoup d'éclat. On m'a cité de lui quelques traits superbes — pendant la campagne d'Italie, par exemple... Vous devez les connaître mieux que moi.
JEANNE
Oh! il est très-brave, certainement... Du reste, je ne sais
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