‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 105 sur 138 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

IMTKRIPUR J)K L*ACRC)POLK : DKS PROPYLEES AU TEMPLE DE DIANE

BEAURONIA.

L'intérieur de TÂcropole était tellement rempli de monuments, d'autels, de statues, de bas-reliefs, d'ofTrandes de toute sorte, d'inscriptions qui consacraient, soit les actes et les intérêts publics, soit les services ou la gloire des particuliers, que ce n'était plus, aux yeux des anciens', qu\in immense monument et, pour ainsi dire, qu'une seule statue. Aussi ne se rencontrait-il qu'un archéologue assez patient, assez courageux pour décrire complètement ce monde créé par l'art. H ne fallait pas moins de quinze livres à Héliodore * pour rem-

(Aristid.y Panath,^ p. 149O

* 'HXiôocopoç 6 ^AOr,vaïo< èv toî< irept 'AxpoirôXccoç [irevxeicottôexa i(TTi TsuTa T^ BtSXia]... (Atheii. , VI, pag. 229.)

CHAPITHE X. 473

piir une pareille lâclie. Mais les savants des siècles poslérieurs ne firent qu'effleurer un si vaste sujet. Strabon, qui vit l'Acropole encore intacte, écrit quatre lignes, où il nomme la lampe qui ne s^ëteint jamais et la statue en ivoire de Minerve : «( MaiS; » dit-il tout à coup, « si je voulais indiquer « tous ces monuments tant célébrés et tant van- « tés, je craindrais par trop d'abondance de pas- <K ser les bornes convenables'.» Il pousse, en effet, si loin la réserve, qu'il n'en dit pas un mot.

Pausanias, le consciencieux Pausanias, qui avait consacré (quarante et un chapitres à l'Altis d'Olympie, n'en donne que six à l'Acropole, qu'il visite en courant. Jamais son récit n'a montré autant de précipitation ni laissé plus de lacunes; iuiniéme nous en avertit. «Je ne veux * point décrire, » dit-il, « les statues d'une moindre impoi*tance.» — - (c 11 faut que je passe outre ^ puisque je dois parce courir également toute la Grèce. » Et cependant, l'Acropole était depuis le règne de Néron * dépeuplée d'une partie de ses chefs-d'œuvre.

En contemplant aujourd'hui les débris de ces

» livre IX page 396.

• ïàç fiif eIxova< tqcç dçotveorépaç ypâçpgiv oux i^£k(a, { ^«.,

XXIll.)

Ti'EXX^vixa. (^/r.,XXVl.)

4 Fox. les textes cités au chapitre lit.

274 L ACROPOLE D'ATHÈNtS.

immenses richesses, Ton comprend que les an<ciens s'effrayassent à ia seule pensée d'eu dresser l'inventaire. Bien des siècles, bien des révolutionst bien des barbares, ont anéanti jusqu'aux traces du plus grand nombre. Le reste ne nous est connu que par des inscriptions gravées sur les piédestaux, les stèles, les colonnes, de même que nous lisons sur leurs tombeaux les noms des générations qui ne sont plus que poussière. Mais telle est la quantité de ces fragments, qu'il me faut à mon tour m excuser d'en passer un grand nombre sous silence, et de ne choisir que les plus intéressants ou ceux qui se rattachent le plus directement à mon sujet. On avait fondé à Athènes, en 1837, un journal archéologique pour publier les antiquités, i\ mesure que les fouilles les découvraient. L'Acropole, bien entendu, occupait la place la plus considérable. En quatre ans, cinq cents pages in-folio ont été remplies. On juge où cela m'entraînerait, si je voulais être complet.

Le but de cet ouvrage est, à la fois, de décrire les ruines de l'Acropole et de retrouver les principaux éléments d'une restauration qui retracerait à notre imagination un ensemble à jamais perdu pour nos yeux. Il est donc naturel que je m'attache à tout ce qui a une signification topographique et une place dans l'histoire de l'art, eu négligeaiil les détails qui n'en ont aucune, par

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exemple, toutes les tables de marbre sur lesquelles on écrivait les lois, les décrets, les comptes publics, les noms des magistrals, les récompenses votées par le peuple, les Iraités conclus avec les antres Etats, les dettes des villes tributaires, le relevé des trésors contenus dans les temples, les dépenses faites pour les monuments, etc., etc., témoignages d'un prix inestimable pour Thistoire, mais qui ont une place plus convenable dans des ouvrages spéciaux. Faciles à briser et à transporter, ces tables ne présentent souvent que des fragments jetés au hasard ou employés comme matériaux dans des constructions modernes.

Il en est tout autrement des indications entail- . lées sur le rocher, des soubassements, des petits édifices, des piédestaux. On a pu les renverser, les mutiler, mais les plus considérables sont res'tés à leur place par leur propre force; les plus petits se sont retrouvés à peu de distance, enterrés de bonne heure sous les cendres et les décombres. Malheureusement, les Grecs ont plutôt songé à leur conservation qu'aux intérêts de la science. Ils en ont recueilli un certain nombre dans le petit musée des Propylées, sans réfléchir qu'il importait moins encore de savoir qu'une statue avait été élevée par tel ou tel personnage inconnu, que de savoir quelle place cette statue occupait. Déjà l'on a oublié aujourd'hui leur situation exacte : « Trou-

876 L'ACROPOLE DWTHÈNKS.

« yëe ail nord du Parthénon, — à l'est de l'Érechihéion, » dit le journal archéologi(|ue qui publiait les inscriptions peu de temps après leur découverte. Il faut bien se conlenter * de ces renseignements assez vagues et classer les plus petits objets par régions. Chacun peut les grouper à son goût autour des masses principales^ non pas avec une symétrie et une régularité géométriques, mais disposés avec une variété et un désordre auquel le caprice des différents âgesavait, peut-être, seul présidé. L'on sait, pourtant, combien ce système est conforme aux habitudes anlicpies, et les traces multipliées çà et là sur le rocher en sont une preuve incontestable.

Je suivrai, dans ma description, l'ordre suivi par Pausanias; c'est, du reste, le plus naturel. Après avoir franchi les Propylées, il ti^ouve le grand chemin qui conduit vers la façade orientale du ParthénoD. 11 s'arrête devant les premières statues qui le bordent à droite, puis fait un détour pour visiter les deux terrasses qui s'étendent entre le péribole du Parthénon et la partie méridionale des Propylées : l'une, à laquelle on monte

■ J*ai voulu recourir aux souvenirs paiticuliers : mais je les ai surpris trop souvent en contradiction avec eux-mêmes pour leur donner une sérieuse contiance. Faute d*un plan et d'un catalogue minutieusement dressé, une foule de détails précieux sont déjà perdus pour la science, et perdus à jamais.

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