‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 14 sur 138 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

mistocle déjoua leur malveillance ', Pendant qu'il traînait en longueur son ambassade à Sparte, « tous les Athéniens^ travaillaient à construire les ce mursy hommes, femmes, enfants, n'épargnant « aucun édifice, soit public, soit privé, du moment « qu'il pouvait fournir des matériaux...

fi . . .Les fondations étaient composées de pierres « de toute espèce qu'on disposait sans régularité « et selon que chacun les apportait : les stèles des « tombeaux et les pierres travaillées y figuraient « en grand nombre...

a ... Maintenant encore,» dit Thucydide, «les muet railles accusent clairement la h&te avec laquelle <c elles ont été construites. » INous verrons plus bas que ces paroles s'appliquent aujourd'hui avec autant de vérité à une partie de l'enceinte de l'Acropole, celle qui regarde le nord.

Soit qu'elle n'eût pas été achevée par Thémistocle, soit qu'il en eût détruit lui-même une partie

' Thiicyd., ly 90 à 93.

' Tti^iCciv Bi iravraç 7cavdy){jLet Toi;< h tt) itoXti xai aÙTOÙç xal Yuvaîxo^ xal irotî8aç, ffi8o(Acvouç (Avite lôiou.{ii^Te S7)fi09iou olxo$o- |Ai{{AaTO< élOtv Ttç fof éXeta l<nai èç to lpYOv> àXXà xa^ipouwaç iravra. (Ibid., 90.)

Ot Y^p 6e{A«Xioi ivavTo{(i>v XtOcov uiroxeivtat xoti où ^uvetpyaa(Asvwv foxiv ïiy àîKk' ib< ixaaxoi icote irpoa^fcpov, TcoXXotC t£ oTTiXai àito 97)[iaTttiv xai X(6oi ilpyoïOfAivot èyxaTt^Jrff^aa^. ( Ibid., 93. )

Kai 81^X7) j) oixo3o{jLia lx% xac -vuv lortv, jxt xiTot arrouS^v ^Ysveto. (Ibid.)

pour la refaire, Cimon bâtît à son tour le mur du midi '; mais cette fois à loisir, en belles et régulières assises. Ce fut te riche butin conquis sur les côte^ d'Asie et de Thrace qui en fit les frais, aussi bien que de tous les monuments qui furent bâtis à cette époque. Quand le trésor public était épuisé, c'étaient ses richesses privées que Cimon consacrait aux travaux. Malgré son insouciance et son penchant pour le vin^, Cimon, représentant du parti aristocratique, avait une âme grande et généreuse. Son pouvoir, comme dans toute démocratie, dépendait de la faveur de la multitude : il aima mieux l'acheter au prix de sa fortune que de sa dignité. Tout l'or qu'il avait conquis sur les Perses, il l'employa noblement à embellir sa patrie de monuments de toute sorte : les Longs murs, par exemple, le Pœcile, le Théséon , le Gymnase , les Jardins de l'Académie. L'Acropole également ne fut pas seulement fortifiée, mais décorée^; et malgré le silence des auteurs anciens, il y a quelque raison de croire que le temple de la Victoire sans ailes doit être attribué à Cimon ^.

Ainsi le fils de Miltiade donna aux arts et au

» Plut, y Fie de Cimon.

^ His ex manubiis Atheoarum ar% qua ad nieridi«m v«rgit est ornata, ( Corn, dl^., Cim.^ a. ) ^ Foy, le chap. IX de ce volume.

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goût de son époque rimpnlsion que Përiclès ne fit que développer. Les arts, arrivés à leur point de maturité, n'attendaient qu'une occasion favorable pour produire leurs plus subKraes œuvres. Tout se rencontra à la fois, le génie dans les ar* tistes, les lumières et la magnificence dans les hommes d'État, des sources inespérées de richesse pouv le trésor public, la paix au dedans, au dehors la gloire militaire et ses enivrements. C'est un pareil concours de circonstances, inexplicable à la philosophie humaine et qui n'a qu'une heure dans l'histoire d'un peuple, qui amène ce qu'on appelle un grand siècle. Mais, eomoie l'on croit tout simplifier en rapportant tout à un seul homme , on a donné à ce siècle le nom de Périclès. Cimon n'est plus qu'un général heureux : Périclès est le génie protecteur des arts, idéal que la postérité entoure d'un respect superstitieux et anquel elle attribue iiijuslement tout ce quWt préporré ou accompli des générations entières.

Lorsque Périclès hérita de l'influence de Cimon et voulut continuer soia œuvre, le trésor public n'avait plus ces revenus extraordvnaires que la guerre prélevait sur l'opulente Asie. Le grand roi avait signé la paix et lenait ses vaisseaux loin des mers de Grèce. Il n'y avait plus d'ennemis; ce fut sur les alliés que retomba le poids de la splendeur athénienne. La caisse commune enlevée à Délos

fournit aux largesses de Périclès et à ses coûteuses constructions. C'est alors que s'élevèrent le Par* thénon et les Propylées.

Si les classes laborieuses qui gagnaient tout à ce système ne murmurèrent pas dans le commencement, il n'en fut pas de même du parti aristocratique, accoutumé au désintéressement de Cimon et aux sources glorieuses de sa prodigalité. Thucydide, beau-frère de Cimon , était à sa tête. Les assfemblées retentissaient de leurs accusations' contre l'acte inouï de Périclès :

c( Le peuple^ se déshonore, » s'écriaient-ils, «r et «encourt le mépris universel en transportant de « Délos à Athènes l'argent, qui appartient à tous « les Grecs. Le prétexte le plus plausible que nous V pussions opposer à nos détracteurs, la crainte <c que les barbares ne s'emparassent là-bas du tré- « sor commun, et le désir de le mettre en sûreté, ce ce prétexte, Périclès ne nous l'a pas même laissé, a La Grèce se croit outragée cruellement et soua mise à une éclatante tyrannie, lorsqu'elle voit' « les sommes qu'elle est forcée de déposer pour « une guerre nationale, servir à dorer notre ville,

' Plut., ne de Périclès, XIL

* ... 'Opuaa Tolç sla(ptpo(jiivoiç Oit' aÙTTJ^ àvoiY'^aCfoç irp^ tbv TToXsfJLOv ^(xS; T^v ir^iv xaTa}^puaouvta< xal xaXXbJirtCovra^ â(nr£p dXa2[ova "^M^^KnoL i7epiairro[jLévviv X(6ouç tcoXutcXsk xal à'^£K\kfi'Z9. xat vaoùç ^iXioTaXoévTOuç. (Ibid.)

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