‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 15 sur 138 · CHAPITRE IL 3r · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL 3r

« à Ja couvrir d'ornements recherchés, comme une. a femme coquette chargée de pierres précieuses, « à la remplir de statues et de temples de mille tt talents. »

Périclès prouvait, au contraire, au peuple qu'il ne devait point compte aux alliés de leur argent, a C'est vous» — disait-il — a qui faites la guerre « pour eux et qui lenezéloignés les barbares; tana dis qu'ils ne vous fournissent ni un cheval ', ni « un vaisseau, ni un soldat, mais payent unesiin- (c pie contribution. Or, l'argent n'appartient point a à celui qui le donne, mais à celui qui le reçoit, « du moment qu'il tient les engagements qu'il a «pris en le recevant, — Vous êtes pourvus abona damment de tout ce qui est nécessaire à la guerre. '< Vous avez donc le droit d'employer le superflu tf à des ouvrages qui^, achevés, vous assurent une a gloire éternelle, et, pendant leur exécution, ence tretienneut le bien-être parmi vous. Car ils exia gent des ti^vaux de tout genre, occupent tous les « arts, mettent en mouvement toutes les mains,

* Où'/^ ifinrovy ou vaov, où^ ^Xitviv, àXkk ^piQ{AaTa fAOvov ts- Xo^VTcov* & Tbîy ûiSovTcov oOx IvTtv, àXXoc Tâ>v XafiiêavovKidv, àv T:a^i)(iûQW dv0' oS Xafxéavouffi... (Plut., Fie de Périclès, Xli.)

> ^Af ' Sv Sd^a (aÈv YevO{Aéva>v àtSioc , lùicbpta $8 Y^vofAsvaiv lT0t{A9) iroipcoToti, itavTodaiCTJç ^pY^ataç fav8{9Y)ç xai icoixîXcov X.P*^^^9 "^ itSvav (ùv ts^viQV ^eCpouaoïi , itaaoïv as X^^P^ xivovaai <r/i}S6^ ^7)v icotouaiv Iptpiiadov t}|v tcoXiv iÇ aùtïjç Âjas xoo|AOU(iiv7|V xa) Tpe- <pO|uvv)v. (Ibid.)

3G LACROPOLK D'ATHÈNES.

« et procurent un salaire à la ville presque entière, « qui pourvoit dte-méme à ses embellissements et « tout ensemble à sa subsistance. »

C'est ainsi que Périclès, après avoir rassuré la consdence de ses auditeurs ef fait appel à l'orgueil national, s'adressait directement aux intérêts de chacun, bien sûr de trouver des juges favorables et au besoin des complices. Peut-être était-il sincère; peut-être croyait-il une œuvre d'équité et de politique de, reconstruire les édifices d'Athènes sans qu'il en coûtât rien à l'État. C'était justice à ses yeux qu'après s'être sacrifiée pour la Grèce, cette ville courageuse fût relevée par l'argent des Grecs, et que le trésor des alliés, rançon de leur mollesse, payât la magnificence d'Athènes, tandis que le sang athénien coulait pour la défense des alliés.

Mais les orateurs ' du parti de Thucydide revenaient souvent à la charge, accusant Périclès de dilapider le trésor et d'épuiser les revenus publics. Périclès demanda un jour au peuple assemblé s'il trouvait qu'il eùl trop dépensé. — « Beau- « coup trop, «lui répondit-on. — «Eh bien! ce « n'est pas vous, c'est moi qui supporterai la

Toç (Pliit. rie fie Périclès, Xll, 14,)

CHAPITHE 11. 37

« dëpense, et j'inscj-irai mon propie nom sur les a moDuments que je consacrerai. »

A ces fiiols, tous% soit frappés de sa grandeur d*àine, soiA jaloux de Thônneur attaché à de telles œuvres y lui crièrent de puiser à son gré dans le trésor et sans compter.

C'est ce qu'il fit, surtout lorsque l'exil de Thucydide l'eut délivré d'une opposition sévère. On peut avoir une idée de ce que coûtèrent toutes CQS constructions par les seuls Propylées, qui exigèrent deux mille douze talents^ un peu plus de douze aiillions de notre monnaie : a Héliodore, « dans le premier livre de son ouvrage sur l'Acron pôle d'Athènes, dit que les Propylées furent com- « plétement terminés en cinq ans et coûtèrent a deux mille douze talents^. » L'ouvrage d'Héliodore est perdu; mais ce témoignage d'un homme qui avait étudié particulièrement les monuments et l'histoire de l'Acropole est i-eproduit par ti\jis auteurs différents.

Diodore de Sicile donne aussi le même chiffre; du moins il suftit d'une simple soustraction pour

' Ettt T^v (u^faXofpoouwjv oiuToS Oaui^aa otvTSc , thi irpcK t4|v ^tfy avTif tXoTifAOW(avoi tuv ^pyiov dvtxpaYOv xcXa^vtsç Ix T«oy dv){A0ff(covd[vaXj(a3Cttv (jLY)Stvo;<p ci^fACvov. (Plut, f'ie dePérielès, XII.)

* 'HXi6So>poç II hf irpcoTif) irep\ Tvic 'AOY}vvi«tv 'AxpoirAiwç ff)9iv* tê Itmi y^P ic^v^k iravT&Xfo; IÇcico^Ot)' TèEXoivra 81 dlvoXinOv) ^ijS^

(Harpocr., ïlpoiriXai» tavra. — Suidas^ ibid» — Phodus, i^/V/.)

38 L'ACROPOLE D'ATHÈN KS.

le i*etrouver dans son texte. « On dépensa, dit-il^ a pour la construction des Propylées* et le siège « de Potidée quatre mille talents. » Comme Ton sait par Thucydide* que le siège de Potidée en coûta deux mille, la conclusion est aisée.

Une phrase de Dion Chrysostome donne encore le même résultat par un calcul approximatif :« Les «t Propylées de l'Acropole^ et le temple de Jupiter «c Olympien revinrent à plus de dix mille talents, d En admettant que le temple de Jupiter eût coûté quatre Fois autant que les Propylées, et cette proportion est en rapport, je crois, avec la proportion des monuments eux-mêmes, on aurait huit mille talents pour Tun, deux mille pour l'autre.

Je sais que tous ces textes réunis ne sont rien aux yeux de M. Leake, qui entreprend d'en démontrer Tinexactitude *. Peut-être M. Leake n'eût -il pas pris un parti aussi extrême, si ' d'une part il n'eût pas accru le nombre des édifices bâtis par Périclès, et de l'autre réduit à un chiffre par trop modeste le prix de tous ces

' 'A7cavi]X(tfT0 Se irpo( Ty)v xaTaaxeuT)v tâ>v nponuXa(a)v xai Tr,v IIoTtSaigcç TToXiopxiav rrrpaxi9'/iXia ToXavra. (Diod., XII, 40.)

* 'AvoXcoxuCaç t6 ^Ôt) tTÎç 7coXeu>ç Str^^CXia xdlXavTa I; TcoXiopxCav. (Thucyd., 11, 70.)

^ TA npOTCuXaia ttjç *AxpoiroX£a>< xai to 'OXufjLTCiov aTco irXeiovo)v ^ BixoL ^tXia$(ov taXdvTwv. (Diou Chrysost. , de Rtgno, Or, II.)

4 Voy. Appendix III, Topogr, of Ath. 1841.

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