CHAPITRE II
édifices. D'après son système % ils eussent à peine coûté, réunis, quelques centaines de talents déplus que les seuls Propylées d'après les auteurs. ' M. Leake s'est laissé entraîner, ce me semble, par un passage de Thucydide qu'il interprète trop rigoureusement. Au moment de l'invasion d'Ârchidamus, Périclès énumère aux Athéniens toutes les ressources qui leur permettront de soutenir une longue guerre. «Ayez confiance», leur dit-il; « non-seulement vous avez chaque année les six ce cents talents que les alliés payent en tribut à la « république et vos revenus personnels, mais six « mille talents d'argent monnayé restent encore » dans l'Acropole. Il y en a eu^ un jour jusqu'à ff neuf mille sept cents; mais j'ai du en dépenser « pour les Propylées de l'Acropole, les autres c< constructions et le siège dePotidée. »
La difTérence est de trois mille sept cents talents. M. Leake établit, par une série de calculs hypothétiques, que Potidée, toujours assiégée, n'avait encore coûté que sept cent cinquante talents au moment du discours de Périclès. Ce sont donc deux mille neufcent cinquante talents, dit-il,
' We havc two thousand nine hundred and fifty talents, for the cost of the buildings of Pericles (p. 47o)'
^ ... Ta yàp TrXEtora Tptaxoaioov diïo8fOVTa fxupia ly^veTO, af * £v U TE xk [JpoicuXaioc Tvjç 'AxpoTtoXecoç, xat tSXXa olxo8o(A^fxaTaxat U IloTiSaïav àicavrjXwOT). (Thucyd., H, la.)
40 1;A(:R0P0LE i>*ATHÈNF:S.
qii ont absorbés tous les embellissements d^Athènes. Oui, deux mille neuf cent cinquante talents, tirés du trésor de TÂcropole. — Mais pourquoi supposer qu'il n'y eut pas une obole de prélevée sur les revenus de chaque année, qui montaient à quatre cents talents, sur le tribut énorme de six cents talents que payaient les alliés', sur le butin que les généraux et Périclès lui-même rapportaient de leurs expéditions? Dans toute grande entreprise, il y a une caisse de réserve où Ton puise, lorsque le revenu courant est insuffisant. Quand on ne trouvait pas sur les mille talents qui formaient le revenu d'Athènes de quoi couvrir complètement les frais d'un monumë\it ou d'un siège comme celui de Potidée, Périclès s'adressait au trésor enlevé à Délos ; et c'est ainsi que, vers la (in de son administration, il se trouva diminué de plus d'un tiers. M. Bœckh, qui a fait des fmances
> Ce trîbiU s'éleva jusqu'à treize cents talents pendant la (guerre du Pélopotièse, et le revenu total, à deux mille talents.
( Plut., ArisL, XXIV. ) Kai icpurcov fi.iv Xo^i^ai ^auXoK» (a^ ^f otc diXX* ài^ X'^P^^ t
Tbv ^pOV VJp.Iv dCTTO TCOV 7C(SXeu>v ÇuXXl^^^TlV TOV icpofftovTa*
Kà(((i) Toorou Ttt teXt) x^^pU xai ràic iroXXdtc éxatovràiç, Ilpuravcla, fjLCxaXX', «Yopàt^yXifiivaç, (AiffOoù; xat S7i(AiÔ7rpaTa' TouTwv TrXi^piofiia TaXavt* iffùç St(j/{Xta Y^Yverai ^fjtîv.
(Aristoph., Guép,^ 657.) Il est vrai qu'Aristophane parlait ainsi pendant la guerre du Péloponèstî.