‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 17 sur 138 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

athéniennes une étude si approfondie , ne s'est pas trompé sur le sens de ce passage ',et surtout n'a point eu l'idée de nier un chiffre' sur lequel s'accordent tous les témoignages anciens.

Du reste, je cherche en vain ce que ce chiffre de douze millions de drachmes a d'inexplicable. Lorsqu'il faut aplanir un rocher sur une largeur de cent cinquante pieds, y construire des soubassements, le revêtir de dalles et d'un magnifique escalier de marbre, tailler des blocs immenses dans les carrières avec un soin , je dirais même avec un art dont le mont Penlélique garde encore les traces, les transporter à plus de cinq lieues de distance sur une hauteur escarpée, les rejeter, si on y découvre une seule tache; lorsqu'un architecte fait travailler le marbre comme les sculpteurs savent seuls aujourd'hui le travailler, ajuster cha* que assise comme on ajuste les plus délicats ouvrages de marqueterie; lorsqu'il emploie des , peintres, des doreurs et des ouvriers dont le dernier devait être un artiste; enfin lorsque la nature et l'art ont prodigué ce qu'ils ont , l'une de plus

' « Il lira encore du Trésor trois mille sept cents talents « pour des constructions et pour la guerre de Potidée, sans m compter ce qu il prit sur les revenus courants, » [Écon, polit, des Mh., t. II, p. 336, trad. franc. )

* « Les Propylées seuls causèrent une dépense de deux mille « douze talents. » ( Ibid,^ p. 33a. )

précieux, Tautre de plus parfait, pour produire un admirable chef-d'œuvre, faut-il s'étonner que la dépense soit proportionnée à tant de magnificence?

Comme si ces raisons n'étaient point assez fortes, rhistoire apporte aussi son mot, mot décisif qui livre en même temps le secret de la puissance, ou, comme disaient les anciens, de la monarchie ' de Périclès. J'ai déjà cité le discours par lequel il justifiait devant le peuple l'enlèvement du trésor des alliés : Plutarque^ expose ensuite l'emploi qu'il en fait et par quelle politique.

Ceux que leur âge et leur force rendaient propres à la guerre recevaient une paye sur le fonds commun.. <c Mais les classes ouvrières ^, que leurs pro- « fessions exemptaient du service, Périclès voucc lut qu^elles eussent également leur part de « l'argent conquis, sans l'attendre cependant au <c sein de la paresse et de loisiveté. C'est pourquoi « il proposa au peuple d'entreprendre de grandes «c constructions et des travaux de toute sorte qui €t devaient occuper longtemps toutes les indus- « tries. Par ce moyen la population sédentaire avait

« 'lo^^Ç IxeivTj fAOvap}^ta XeYO{xévT]. (Plut., Pér.^ XXXIX.) » Plut, Fie de Périclès^ XI.

^ Tov 5' «auvxaxTOv xal pdtvauaov 6yi\Q>é oSt ôffAOpov eTvai XïjfiL- (laxiov pouXdjAevoç ours Xafx^dÉveiv d^y^^ **^ a/oXdt(JovT«. (Ibîcl.)

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