‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 18 sur 138 · CHAPITRE II. .i · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. .i

« aussi bien que les citoyens qui étaient en cama pagne' ou en garnison le droit de profiter « des richesses publiques et d'en recevoir sa a part. »

Puis Plutarque ënumère toutes les professions, tous les métiers qui gagnaient à cette vaste entreprise, jusqu'aux marins qui allaient chercher l'ivoire et l'ébènedans les pays lointains, jusqu'aux charretiers qui transportaient le marbre des carrières du Pentélique, sans oublier cette armée de manœuvres qui n'étaient que des instruments, des forces^ au service de chaque métier. « C'est ainsi a que ces travaux répandaient^ et distribuaient « l'abondance parmi tous les âges et toutes les a conditions. »

Dans toutes ces explications il n'est guère question de l'amour de l'art , encore moins des motifs religieux et de la nécessité d'élever à Minerve des temples dignes d'elle : omission singulière devant des hommes aussi jaloux de leur réputation de piété que l'étaient les Athéniens. Avantages matériels pour chacun , aisance pour

> ^'Iva (A7)Siv ^rrov xîav irXfiOvroiv xa\ ^poupouvTcov xotV <rrp«- TeuofAf vft>v TO olxoupouv 1^7) irpof a9tv dico t£>v 8Y)fA09(a>v o^eXcîaOat xa\ fjLeTaXa(A6dvsiv. (Plut, Pér.^ XI.)

* 'OpY^vo^ ^^^ ffSfjia TYJç tnc6pY)ff(a<. (Ibid.)

^*EU ir5(rav,â>< lico< eiTreîv, ^Xixi«v xq(i ^ufflv a^ XP^^*^ Stsvc(AOv xai Sisoiveipov T^|V cuicoptav. (ibid.)

U i; ACROPOLE D* ATHÈNES.

lous^ ^oilà le but avoué de ces magnifiques construclions.

Ce fut en effet la politique de Périclès de s'attacher le peuple par Tintérét el de flatter son désir de bien-étre. Cimon était entré le premier dans cette voie par ses largesses personnelles; Périclès, qui était pauvre', continua aux dépens du trésor de la république. On sait où celte funeste tendance conduisit les hommes d'État qui lui succédèrent. Périclès au moins garda toutes les mesures, et cette distribution détournée des deniers publics ne fut pas sans dignité, puisqu'elle fut le prix du travail. — Prix fort élevé, je n'en doute pas : car ce ne sont pas des ouvriers que l'on paye, mais des citoyens maîtres de votre puissance et séduits par vos promesses. On comprend qu'en Sicile d'immenses travaux comme la Piscine d'Agrigente et son Jupiter Olympien , les Latomies de Syracuse, les temples grandioses de Sélinonte pussent être exécutés à peu de frais par les bras d'innombrables prisonniers de guerre^. Mais il était dans les desseins de Périclès que le plus humble ouvrage (on le voit par Plutarque) fût exécuté par un homme libre et largement payé. Cette considéra-

« Plut., Fie de Périclès, XI.

^ Après la victoire de Gélon, tel citoyen eut pour sa part jusqu'à cinq cents prisonniers. ( Foy, Brunet de Presie, Recherches sur les établ, des Grecs en Sic,^ 11, a8.)

CHAPITUK II. m

tion, lorsque s'y joint la grandeur du monument, la beauté des matériaux, la perfection admirable des plus simples détails , enlève toute invraisemblance au chiffre d'Héliodore.

Le Parthénon avait dû coûter plus cher encore, si Ton a égard à ses proportions et aux sculptures qui l'ornaient. L'or seul de la statue de Minerve pesait quarante talents' et valait environ cinq cents talents d'argent (trois millions). C'est, du moins, ce que Périclès assurait au peuple athénien et ce qui fut prouvé dans le procès de Phidias. Aucun autre renseignement ne nous est parvenu.

On se trouve dans la même incertitude pour la date du Parthénon, tandis qu'on a, sur l'époque des Propylées, des chiffres aussi précis que sur leur prix. [Is furent commencés* sous l'archontat

' 'Ait^opatve $' f^ov to «y^^H^^ Tsaaapoxovra T«XavTa ffcotOfAOv ^(^puoiou dite^dou xal ireptaipcxÀv cTvai élirav. (Thucycl., Il, i3.)

Le scoliaste d'Aristophane dit quarante-quatre ; Ëphore, copié par Diodore, cinquante.

* Ilepi oi Tb)v npoituXauov tTJç 'AxpoTroXscoç ô); èm EùOuucvouç âp^ovToc oîxo8o{xeïv ^pÇavxo 'AOtivoiîoi, Mvr,aixXéou; âp/txexTo-

vouvToç, ofXXoixe tTcop^xaai xa\ 4^iXo/opoc iv ttj TeTapT»)

HXioS<i>poc S' h ^rpoiTo) Trepl ttjc; 'A0T)VYi<7iv ÀxpoTcoXecoç , {AeO'lTCpa xai Tauta îpr,aiv' Iv hta\ [xsv ttêvte tcoivteXwç IçeTcoi^Ôv), TaXavTa 5à <^v7)Xo>07i StOy^iXta $u>$Exa, irsvte Se TiuXa^ E7roiT}<7Qtv, BC Sv ei; T^v "AxpoTToXiv fii(Ttaaiv. (Harpocr.^ TlpOTruXaiot Tauxa.)

d'Euthymèiies, la quatrième année de la 85' olympiade , c'est-à-dire Fan 4^6. Mnésiclès en était , l'architecte; et au bout de cinq années , en 43 1 par conséquent, ils étaient complètement terminés.

Un an avant que Ton construisit les Propylées, la troisième année de la 85^ olympiade, Phidias avait placé dans le Parthénon ' la statue de Minerve en or et en ivoire. On en peut conclure assez naturellement que le temple était achevé; mais répoque où il fut commencé nous est inconnue. A quelques années près, cela tombera vers Texil de Thucydide, en 444* Peut-être même faudrait-il remonter plus haut : car, avant que Périclès ne Feût déféré à l'ostracisme, Thucydide et son parti se plaignaient amèrement de voir construire aux frais des alliés des temples de milie talents^. Je ne vois que le Parthénon qui pût à ce moment avoir déjà coûté si cher; et Plutarque, qui semble suivre un ordre chronologique

Ta Bk npOTCu^ia ttjç 'AxpoicdXeo)^ H^tip^M^ (lÈv TCfiVTatTi^ MveaixXfooç àpy^iTexTOvouvTOç. (Plut, Péricl,, XWl.)

' Sous Tarchontat de Théodore, 487 av. J. C. — OiXoj^opoç èizi Oeo$(i^pou ipj^ovroç Touxa fi\<n* xal to â*fOLk[t.% to j^puuoîuv tTJç 'AOiqvSc laTotôr, lU fov viwv tov fiiYav, £;^ov j^puuou oraôuLOv Ta- XavTWV |xS' îlepocXéouç iTCidTorcouvTOÇ, 4>6iSiou ôà ïcoiiQdavToç.

(Scol. d'Arist., Paix, 6o5.)

• Naoùç y[i'kityx(xki'^'zo\j<i, (Plut., Pèricl., XIL)

Page 1