CHAPITRE II
en énumérant les travaux des architectes dirigés par Phidias, place en téfe leParlhénon.
Quoi qu'il en soit, les anciens eux-mêmes admiraient la rapidité avec laquelle s'élevaient des édifices qui, par leur grandeur et leur perfection, semblaient devoir occuper plusieurs générations. « Ce qu'il y a de plus surprenant , dit Plu- « tarque', c'est leur prompt achèvement. Chacun a d'eux paraissait exiger plusieurs âges d'homme « pour être terminé, et tous le furent sous l'admiii nistration d'un seul. »
Mais ni un gouvernement de fait absolu , ni la suite dans les vues, ni l'argent fourni à profusion, ni une multitude d'habiles artistes, ni une paix profonde, ne suffisent à expliquer ce miracle. Le secret, c'est l'unité de direction, c'est la grande et active pensée d'un seul homme qui conduisit l'œuvre tout entière. « L'amitié de Périclès** avait <c rois Phidias à la tête des travaux; tout reposait
* Md[Xi<7Ta OauiiLaiTtov TJv.xo Ta^roç. ^Ûvy^p &aoTov (b>vTo
TCoXXat; Sia^o^aTc xa\ ^XixCaïc [uSkiç lirl tsXoç atcpiÇeffOoii, xauTa ic^vTa (AtS< àn[Lr^ iroXiTtiaç IXafjiêave t^v auvtéXetqtv.
(Plut., PwW., XIII.) > ^Ckoç Bi Ttù IleptxXel fty6[i.€^oç xat [U^i<mv irap* aûx^ auvijOeCç. (Ibid./XXXL)
flavTQt cl BitvKt xa\ itàvTcov liriaxoicoc ^v aÙTco ^eiS(ocç.
(Ibid., XIII.) Taura Sa ijv v^eSov lie' auTÛ, x«i TuSaiv liztaxixii toï; Te^vitaiç Bxk (piXCttv IlepixXcouc. (Ibid.)
48 L'ACROPOLE D'AIHÈNKS.
a sur lui, il dirigeait tous les artistes, et cependant <K il en avait de bien grands sous ses ordres*. » Celaient, en efTet, Callicrates et Ictinus, les architectesdu Parthénon; Corœbus, Métagènes, architectesdu temple d'Eleusis; Mnésiclès, qui construisit les Propylées; les sculpteurs Âlcamènes, Âgoracrite, Crësilas, Critios, Nësiotès, Hégias, Colotèsy le Thrace Paeonius, dont les uns étaient les élèves, les autres les rivaux* de Phidias. C'était le peintrePanœnus, frère de Phidias, qui lui-même avait commencé par étudier^ la peinture, et qui devait posséder aussi une connaissance approfondie de l'architecture^, comme les sculpteurs Callimaque, Polyclète, Scopas. Autrement sa surintendance de tant de travaux de construction n'eût été qu'illusoire. Cette universalité est trop familière aux vrais génies de la renaissance pour qu'elle nous étonne dans l'antiquité.
Cependant, quelque large part que l'on veuille faire à Phidias dans les œuvres de ce beau siè-
(Plut., PéricL, XIIL) * Quo eodem tempore xmiili ejiis fuere Alcamenes, Critias,
Nesiotes, Hegias. ( Plin., XXXIV, 19.)
^ Quum et Phidiam ipsum initio pictorem fuisse tradatur,
Olympiumque Athenis ab eo pictum. ( PL, XXXV, 34.) 4 Txerzès rapporte qu'il avait étudié à fond la perspective
et \a géométrie : '07rTixrj<; xai yeoiuExptoi;. [Chiliad, VIII, 193.)