‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 25 sur 138 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

n'avaient mutilé que celles qu'ils pouvaient atteindre.

Malheureusement l'art grec était un livre fermé pour les esprits les plus éclairés de ces temps-là; et les voyageurs qui visitèrent alors Athènes n'y apportaient qu'une curiosité banale et une ignorance déplorable. De sorte qu'au lieu des lumières précieuses qu'on attend de leurs ouvrages, on ne trouve que pauvreté et qu'insouciance. Telle est la description que fait de l'Acropole d'Athènes je ne sais quel Grec anonyme' qui vivait vers le quinzième siècle, avant la conquête de Mahomet II :

ce II y a, » dit-il, « dans l'Acropole la petite « école des musiciens. En face,» un grand palais

■ Ottfr. Muller juge ce manuscrit, qui esta Vienne, antérieur à Tarrivée des Turcs, parce que le Parthénon est encore l'église de la Vierge *, l'écriture lui semble dater du xv* siècle. ( V. Leake, Append. V.)

Ottfr. Millier a traduit en latin le manuscrit, laissant en grec les mots importants :

« In Acropoli esse parvum otSaoxaXetov musicorum : liuic oppositum esse magnum palatium candido marmore factum, inaura tum, quo stoici et epicurei commeuverint. Tlepi tï tou voEOu (pergit) ttjç Osop.ifiTOpoç, 6v a>xo$o(A7)9Qiv 'AtcoXXmç xal £ô- Xo^co; ÏTc âv^piQiTi 'A^vcoorcj) OecJ), £)^eio8Tb)c* laTivvaoç $po(Aix(OT0[TO< xa\ £Ùpu/(a)poç. Habet muros candido marmore structos, et ferro etp]umbovinctos;et circa eas columnas maximas quarum capitula tU <'X^P'°' «potvtxoç ornata esse, et supra bas trabes candido marmore factas.

« de marbre blanc avec des dorures, où les stoi<- <c ciens et les épicuriens allaient d'ordinaire. Quant « au temple de ta Mère de Dieu ^ construit par ce Spolias et Eulogâs en l'honneur du Dieu in- « connUj voici ce que c'est : C'est un temple très- <c long et très*large ; ses murs sont construits en <( marbre blanc, scellés de fer et de plomb; il y « a autour de ces murs de très-grandes colonnes <( dont les chapiteaux ressemblent à la couronne <c du palmier; au-dessus des colonnes, il y a des « poutres de marbre blanc. »

C'est une chose curieuse, au milieu de ces inepties, que la confusion de quelques incohé* rentes traditions et la ridicule application qu'en faisaient les savants du temps aux monuments dont ils avaient oublié jusqu'au nom. Les épicuriens, les musiciens et le Dieu inconnu de saint Paul partagent amicalement l'Acropole; Phidias et Ictinus sont effacés de tous les souvenirs par Âpollôs et Ëulogôs; les Propylées sont un palais, le temple de la Victoire une école de musique. Je ne vois une ombre de sens que dans la comparaison du chapiteau dorique avec le palmier et l'évasement de sa corbeille, et un peu d'intérêt que dans les dorures des Propylées qui apparte* naient vraisemblablement aux chapiteaux ioniques du vestibule, où Ton voit encore les trous qui retenaient le métal.

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