‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 38 sur 138 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

paru si original e\ si plein de mystères, et de montrer que ce n'est autre chose que Tari grec, l'art grec dans son enfance et ensuite dans sa force, mais étouffé avant son complet développement par la conquête romaine.

Les deux bastions de la porte de Pérouse sont donc construits comme l'angle du mur de Cimon^ ils vont s'élargissant vers la base degrés par degrés; ils se servent, en quelque sorte, à eux-mêmes de contre-fort.

Le côté de l'Acropole qui regarde le midi domine le théâtre d'Hérode Atticus, le portique d*Eumènes et le théâtre de Bacchus; plus loin, la ▼allée de l'ilissus, jadis fertile et ombragée de platanes, et les collines qui la séparent de la baie de Pbalère. L'Hymette, sur la gauche, arrête la vue, qui tourne doucement avec lui vers la mer et s'étend au delà des belles eaux du golfe d'Athènes jusqu'aux montagnes du Péloponèse. Ce spectacle enchanteur entraînait Fesprit bien loin des idées guerrières, et les Athéniens ornèrent le mui* de Cimon comme un portique et un lieu de plai- • sance, au lieu de lui conserver la nudité sévère d'une fortification. Au pied des murailles s'élevèrent successivement les colonnes élégantes qui supportaient les trépieds % monuments des vic-

' Deux de ces colonnes existent encore, avec leur chapiteau

toires chorégiques. Sur le mur lui-même % en face du théâtre de Bacchus, était fixée une égide d'or avec la tête de Méduse, offrande d'Antiochus*.

De la plaine encore on voyait par-dessus le mur de la citadelle, exhaussées sur leur soubassement, une série de statues moins grandes que nature qui se détachaient sur le ciel comme les sculptures de Phidias ou d'Âlcamènes sur le fond bleu des frontons. C'était un présent d'Âttale, roi de Pergame, que les Athéniens avaient accueilli d'une manière si flatteuse ^^ lorsqu'il était venu les engager à se joindre aux Romains contre Philippe. Ces statues devaient être très-nombreuses et occuper une longueur considérable, à en juger du moins par les sujets qu'elles représentaient. C'était la guerre des dieux et des géants^, puis le

corinthien triangulaire ; sur chaque angle reposait une des^ jambes du trépied.

' ^Eicl §£ Tovi NoTiou xaXou)jiévou xeiyr^ouç i Tr,ç 'AxpoirôXeoiç iç To OwTpov l<jTi TeTpa[A{jLévov, eir\ toutou Me^ouoY}^ ttjç FopYovoç Iniyjpvao^ avaxeixai xccpotX^, xai Trep) aùx^v alyU i^fKolr^ioLu (Paus., ^tt., XXI. )

* ... 'AvsOtixcv 'AvTio^ocy oS$^ xatôirip xou ôeaxpou TOu'Aôi^vriaiv 7) ai^Xç ^ XP^^ ^^^ ^^ 'aÙTriç ^ Topyto. ( Id., ElicL, 1, XII. )

3 Civitas omniSy obviam effusa cum conjugibus et liberis, sacerdotes cum insignibus suis intrantem iirbem, ac dii prope ipsi exciti sedibussuis, exceperunt. (Tit. Liv., XXXI, i4) i^» et Polyb., XVI, a5. )

4 Paus., Mt,, XXV.

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