CHAPITRE IV
matériaux sont en marbre blanc, ce qui fait mieux ressortir une bande de marbre noir d'Eleusis ^ La porte est située en face de la porte centrale des Propylées et dans le même axe. Elle a trois mètres quatre-vingt-sept centimètres de hauteur. Sa largeur est d'un mètre quatre-vingt-neuf centimètres à la base, d'un mètre soixante-treize centimètres au sommet ; car c'est une porte dorique, et chacun de ses côtés s'écarte de la perpendiculaire de huit centimètres. Le linteau et les deux chambranles sont formés d'un seul morceau de marbre. Ils ont été également enlevés à un autre monument, ainsi que l'attestent des trous de scellement aujourd'hui sans objet.
Le seuil de la porte, le dallage sur lequel il repose, les trous carrés où les gonds s'engageaient, le conduit ménagé pour l'écoulement des eaux, tout s'est retrouvé : il y avait même encore dans les trous des gonds du plomb qui avait servi à les assujettir.
Si chaque fragment porte écrites son origine et son époque, il en est autrement du mur lui-même qui n'offre ni style particulier, ni appareil caractéristique. Bien que relevé à la hâte, il est facile de voir que les divers fragments qui le composent sont placés avec un certain art ; mais cet art est également éloigné de la perfection et de la bar-
' PI. IV, lettre B.
barie. Les inscriptions enclavées dans le mur déclarent qu'il ne peut remonter plus haut que le premier siècle après J. C. La méthode et le goût qui ont présidé à la disposition des matériaux, la solidité de leur assemblage, empêchent de descendre plus bas que le troisième siècle.
C'est dans cet intervalle qu'il faut consulter l'histoire.
On sait que, depuis Péridès, les murs d'Athènes ont été détruits plus d'une fois : par Lysandre, d'abord, qui joignit l'insulte au triomphe en appelant à cette triste cérémonie les joueuses ' de flûte ; parSylla^, qui fit renverser par les soldats romains les fortifications relevées par Conon^. Les historiens, il est vrai, n'indiquent point spécialement les murs de TAcropole^, mais ceux de toute la ville. Est-il croyable, toutefois, qu'un vainqueur ait démantelé la ville sans démanteler au moins l'entrée de la citadelle, et le seul côté par lequel elle fût accessible? Sylla, surtout, dont l'armée fut tenue longtemps en échec par le tyran Aristion, et eut plus de peine à prendre l'Acropole qu'Athè-
' 'O û' Oi>v Au9av5po<, icoXX^ç piv il dfoTEOç (UTaircfA^ucvoç aùXïiTpioaç, Ti tei*;^»! xotTsffxotirce. ( Plut., Fie de Ly sandre, )
• Voy. PluL, FiedeSylla,
^ Conon... muros dirutos a Lysandro utrosque, et Piraei et Athenarum, reficiendos curât. ( Corn, Nép,^ § IV. )
4 Voy, Xénoph., Hetléniq,, V, 8, § lo. Diod. Sic, XIV, 85.