‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 44 sur 138 · CHAPITRE IV. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. m

n'avait point poussé en terre les fondations jusqu'au rocher'. Lorsqu'au temps de Valérien on enleva les terrains, il fallut donc sou tenir en sousœuvre les tours que l'on exhaussait ainsi ; on jeta à la hâte des pierres et du mortier, et ce mur grossier (it descendre jusqu'au rocher le pied de chaque tour. On le revêtit de larges assises, pour que l'appareil extérieur de la nouvelle construction ressemblât à l'appareil ancien. Mais la négligence du travail, l'état des matériaux, la. forme des scellements trahissent la différence des époques; le mortier qui double le revêtement apparaît çà et là; on en voit même une couche épaisse de plusieurs centimètres unir la partie supérieure de la tour à la partie nouvelle : car le dernier rang du revêtement n'arrivait point à soutenir la base ancienne, et l'on glis^sa dans cet intervalle tout un lit de mortier.

lie rocher se trouve enseveli au-dessous de la pente qui conduit aujourd'hui à la porte de l'Acropole. Je l'ai découvert momentanément en différents endroits , sans reconnaître aucune trace de fondations plus anciennes; le rocher n'a

' Ou bien ces fondations étaient, comme à Tordinaire, irrégulières et sans parement. On n'avait songé qu*à la solidité. Il fallait également les reprendre et en faire de nouvelles avec des assises à peu près semblables aux assises de la partie supérieure : c'est ce qu'on fit.

été ni taillé, ni préparé pour recevoir l'assiette d'un mur; il était inutile, je l'ai déjà dit, de descendre eu terre à quatre ou cinq mètres de profondeur, le pied d'une simple muraille. Les fondations datent du siècle de Valérien , et on y remarque aussi un peu de mortier; la présence de ce mortier et le caractère des scellements qui lient les pierres de revêtement sont la preuve la plus sensible de l'époque de cette construction; car l'irrégularité des matériaux, leur origine différente, n'ont rien de contraire aux habitudes des beaux siècles, du moins à Athènes. Les fondations des Propylées, du Parthénon lui-même, et surtout de l'Érechthéion, en sont un exemple. Les architectes tiraient parti des ruines entassées par l'ennemi , et ne songeaient qu'à la solidité des constructions cachées sous la terre.

On trouvera peut-être étrange cette interprétation d'un monument ancien, ce renversement, pour ainsi dire, des lois ordinaires de la construction ; là partie supérieure plus ancienne, la partie inférieure, celle qui supporte l'autre, plus moderne! Cependant il arrive Fréquemment, de nos jours, qu'on reprend un édifice en sousœuvre', ou qu'on en refait les fondations. C'est

' A une séance de rAcadéniie des inscriptions et belleslettres, M. Lenormant signalait un fait analogue. Une des tours de Bourges est l'œuvre de deux époques difleren-

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