‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 47 sur 138 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

KNTEBB DE l'aGEOPOLB. l'eSGALIEE DES PEOPTLiES.

Lorsqu'on a gravi la pente qui passe entre les deux tours et franchi la porte de TAcropole, on a devant soi un petit escalier de sept marches, roide, irrégulier, composé de marbres difTërents. Il faut ne tenir aucun compte de cet ouvrage d'expédient, dont j'ai expliqué l'origine dans le précédent chapitre. C'est au temps de Valérien qu'on a fait une brèche au palier et entassé quelques marches à la hâte; il fallait établir une communication entre le sol intérieur et le sol extérieur de l'Acropole, entre le sol ancien et le sol plus moderne.

Au palier seulement commence l'escalier des Propylées; de là, on peut saisir les vraies proportions du monument et embrasser du regard l'avenue grandiose qui y conduit.

L'ouverlure de Tescalier est de soixante-dix pieds, égale, par conséquent, à là façade des Propylées. Il était encadré, à droite et à gauche, par des murs de rampe revêtus de marbre blanc. Son développement en longueur est de plus de cent pieds. Entre sa base et la base des Propylées, la difTérence de niveau est de quarante-cinq pieds. Tout cet espace, qui ne contient pas moins de sept mille pieds carrés, a été couvert de marbre pentélique. La hauteur des marches varie entre dix-neuf, vingt et vingt et un centimètres; leur largeur entre quarante et quarante-deux.

L'escalier est divisé en deux moitiés, ou plutôt en deux systèçaes bien distincts, p^r un vastç pulier qui co^imence au. pied 4u temple de la Victoire. Ce palier avait plM$ de quatre mètrefi^ d^ largeur : bien qu'il n'ep reste qu'une pattie, il est facile d'en calculer approximativement l'étenduç en prenant Tintersection de son prolopgement avec le prolongement de la pepte inférieure*

Au-dessous du palier, les marches soqt conU-r nuçset remplissent tout l'intervalle entre les deux rampes. Au^dessus^ elles s'interrompent en face du grand entre-colonnement des Propylées et font place à un chemin creux qui çst égal en largeur au passagç central (|u vestibule. Ce chemin est formé par des dalles dç marbre profoqdément striées. Elles suivent la pente générale en s'élevant

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les unes auHlessus des autres par un Jéger degré de quatre à cinq centimètres.

J'expliquerai un peu plus loin la cause de ces systèmes diRerents.

Un petit palier, à peine d'une double largeur de marche, termine l'escalier comme un palier l'avait commencé.

Voici donc, en résumé, la disposition de l'escalier :

D'abord, un palier qui sert de dégagement dès l'entrée et se continuait probablement de plainpied dans l'intérieur des tours ;

Puis, vingt-six marches continues, dont le développement, d'une rampe à Tautre, est de soixante^ix pieds;

Un grand palier central, large d'environ quatre ' mètres;

Trente-huit marches interrompues par un chemin en pente qui les coupe en deux moitiés égales^ et qui est perpendiculaire à la façade des Propylées ;

Enfin, un petit palier qui marque la séparation des dernières marches de l'escalier et des quatre grands d^rés qui forment le stylobate des Propylées.

Voici maintenant ce qui reste de tout cet ensemble :

Le palier inférieur présente un premier rang de

dalles sur toute sa largeur , en teuant compte de la brèche pratiquée en face de la porte. Les autres rangs de dalles, les plus proches du mur de Valérien, ont été enlevés lorsqu'on a construit le mur.

Des vingt-six marches, douze sont encore en place. IjCS quatre premières se continuent sur toute l'étendue de Fescalier: les quatre suivantes sont interrompues ; pn ne les retrouve qu'en deux endroits, en face et à droite de l'entrée. I>es quatre dernières n'existent que sur le côté droit. C'est là que l'escalier s'est le mieux conservé, parce qu'il est établi sur le rocher. Vers le nord, au contraire, le rocher plonge profondément, de sorte qu'au moyen âge on a pu enlever les marches et leurs substructions, et convertir en cimetière cette partie de l'Acropole. Ce que j'y ai trouvé d'ossements est incalculable. Des entailles continues et régulières sur le rocher marquent la place des degrés qui ont disparu. De ce côté également on voit les restes du revêtement de marbre blanc qui décorait la rampe.

Le palier central offre encore un fragment considérable; seulement j'ai été obligé de faire soutenir par un petit massif de maçonnerie les dernières dalles, qui se seraient affaissées sous le pied des visiteurs. On remarquera, sur la longue bande

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