‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 48 sur 138 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de marbre où venait buter l'escalier supérieur, des scellements de fer intacts.

Enfin, la partie de l'escalier qui commence audessous du temple de la Victoire est, comme on le sait, une restauration récente. Il ne restait que cinq fragments de marche à leur place ancienne et un fragment du chemin creux'. Les autres marches étaient dispersées çà et là. J'en ai découvert quelques autres en place au-dessous du piédestal d' Agrippa. La restauration fut faite par la Société archéologique d'Athènes, d après un petit plan que M. Desbuisson , architecte pensionnaire de l'Académie de France à Rome, avait laissé à M. Pittakis, conservateur des antiquités'. Ce furent les degrés antiques que l'on retailla et que l'on établit sur un massif de maçonnerie. L'exécution ne fut pas aussi habile qu'on pouvait le désirer; le plan de M. Desbuisson ne fut pas très-exactement suivi. Les ouvriers ne surent pas raccorder le petit palier avec le soubassement des Propylées. L'alignement général des degrés n'est pas non plus parallèle à la façade du monument. Il est facile de constater cette déviation auprès du palier central, qui est toujours resté a sa place ancienne, les scellements l'attestent. C'est là le danger des restaurations.

" PL II et 111, lettre D.

ItS L'ACROPOLE D ATHÈNES.

Si le plan général de Tescalier est ainsi devenu clair et précis, l'époque à laquelle il a été recon* struit est plus difficile à fixer. Tout le- monde s'accordait à le croire d'époque romaine j quand on n'en connaissait qu'une partie où quelques marches seulement étaient à leur ancienne place. Aujourd'hui qu'une étendue considérable s'offre aux observations, cette opinion, à* laquelle je m'étais aussi rangé avant de commencer les fouilles, est pleinement confirmée. Le travail du marbre , les procédés de construction , la forme des scellements en fer, tout révèle un siècle qui sait faire encore de grandes choses, mais qui ne peut les exécuter avec le soin et la perfection des âges précédents. Les degrés sont taillés en biseau : ce qui économise près de la moitié du marbre. Ils sont posés sur un blocage composé de mortier et de petites pierres, ou sur le rocher grossièrement préparé. D'un autre côté, ce n'est pas dans un temps de décadence trop avancée qu'on entre* prend ces grands ouvrages, que l'on couvre de marbre pentélique une surface de sept mille pieds carrés, qu'on revêt de marbre le rocher, les murs, les soubdssemenls, les piédestaux qui forment l'encadrement de l'escalier. Si l'on ne peut remonter au delà du règne d'Auguste, on ne peut non plus descendre au-dessous du siècle d'Adrien et d'Hérode Atticns. En effet, entre ces deux dates

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