CHAPITRE V. iai
Vescalier, le colosse de Phidias qui domine Yout le dessin, leParthénon, les Propylées? On n'est pas moins embarrassé pour fixer l'époque de la médaille elle-même. Le travail n'a rien de remarquable, le style rien de caractéristique, d'autant plus que la tète de Minerve est copiée sur des coins plus anciens. La forme des lettres, selon M. Lenormant, est postérieure au règne d'Adrien. On ne peut donc savoir à un siècle près quand fut restauré l'escalier. Les détails et les procédés d'architecture seuls me feraient nommer Adrien plutôt qu'Auguste.
Mais un problème bien autrement important, parce qu'il se rattache à la construction même des Propylées, c'est de savoir si dans le plan primitif il y avait un escalier, et si celui qui le remplace fut rétabli sur le même modèle. En d'autres termes, l'escalier des Propylées est-il l'invention d'un architecte de la décadence ou l'idée de Mnésiclès ?
Du moment que l'entrée véritable de l'Acropole est découverte, qu'elle est exactement à la place antique^ qu'on y reconnaît non-seulement le plan mais en partie le travail du beau siècle, l'escalier devient absolument nécessaire. Comment en effet franchir cette pente qui conduit du pied de la citadelle à son sommet? Le rocher existe-t-il partout? Sa surface est-elle aplanie, régulière , striée
I3i L'ACROPOLE D'ATHÈNES.
confme sur le plateau de rAcropole? Il n'eti est tien. Les Propylées, sans être pour cela itioins accessibles, ne sopt précédés que par des terraitis^ par des rochers bruts et par les inégalités les plus choquantes»
11 est difficile de ne pas être frappé de la dispo* sition grandiose des Propylées, de ces ailes qui s'avancent parallèlement, de ce. vaste et régulier espace qu'elles encadrent, de cette belle façade ouverte, de ces cinq portes qui appellent là foule : il y a là une intention et comme utie exigence, d'architecture qui veut un large et magnifique escalier. Cfest le complément nécessaire du monument^ c'est ce qui l'annonce, le soutient, le grandit ; et je ne crains pas d'affirmer que nous ne pouvons plus connaître véritablement l'efTêt que doivent produire les Propylées, depuis que l'escalier est en grande partie détruit, depuis que du bas de la rampe l'œil ne monte plus de marche en marche jusqu'au sommet, et n'aperçoit plus les Propylées exhaussés sur un soubassement de soixante-^quatre degrés.
Lorsque les ailes du monument s'arrêtent, les murs commencent à droite et à gauche à encadi^er l'escalier, et leur alignement prolonge les soubas* semènts des Propylées; ils s'ouvrent peu à peu d'un mouvement à peine sensible, pour donner plus de largeur et d'effet au bas de l'escalier.