CHAPITRE V. i3:i
Le mur de gauche ' est en grande partie détruit : mais au-dessous des degrés je Tai retrouvé, en ouvrant çà et là quelques trous. Les rangs d'assises sont disposés sur un plan incliné, parallèle à peu près à la pente générale ^. C'est là un procédé de construction bien remarquable, qui se continue même sous terre, dans les soubassements. Les pierres de tuf, rongées par l'humidité, ne présentent plus de caractère distinctif, et les joints sont trop serrés pour laisser découvrir leurs scellements. Elles ont cependant une apparence d'antiquité très-reculée. Pourquoi, du reste, eûton employé ce mode de construction à l'époque romaine, alors que le mur était caché sous un revêtement de marbre? Si, au contraire, la pente des couches d'assises se reproduit à l'extérieur et était destinée à annoncer de loin l'escalier qu'enfermaient les fortifîcations, ne serait-ce pas une application aussi curieuse que nouvelle de l'architecture figurée des Grecs? On remarque sous
' PI. II, lettres € C C C.
' Le mur extérieur qui se prolonge à Tintérieur de l'Acropole ( lettre C ), au-dessous du piédestal d'Agrippa, se relie à la rampe C C C. La rampe est détruite dans sa partie supérieure. Mais on distingue dans le mur l'arrachement de ses assises. Je me suis convaincu de ce fait, en enlevant momentanément la terre, et en découvrant cet arrachement à une plus grande profondeur. Là aussi la pente des assises dans le sens de Tescalier est sensible.
terre des saillies irrégulières et deux ou trois pierres qui ont appartenu à de vieux monuments. Mais les soubassements des Propylées, de rÉrechthéion et du Parthénon lui-même nous apprennenty je Tai déjà dit, comment les artistes de Périclès tiraient parti des ruines laissées par les Perses.
Du côté droit, le rocher existe jusqu'à une certaine hauteur et il a été taillé perpendiculairement, de manière à former la seconde rampe de l'escalier; on a seulement ménagé à sa base des saillies par degrés qui supportaient le revêtement de marbre. Une grande rainure indique la place d'un mur qui s'élevait sur le rocher et qui a disparu. Quelques assises déplacées ',et dont les scellements sont fort équivoques, paraissent une restauration. Toutefois, elles sont aussi disposées sur un plan incliné, comme celles du mur opposé.
I^ coin où elles se trouvent a été tellement bouleversé par l'explosion d'une mine en i8aa, que je n'ai trop osé remuer un amas chancelant de débris.
Ainsi, le plan général de l'escalier s'accorde parfaitement avec la façade et les ailes des Propylées, avec les fortifications avancées que ses rampes relient aux Propylées, de manière qu'elles servent en même temps de murs extérieurs, de
« PI. 111, leltre E.