‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 52 sur 138 · CHAPITRE V. i:tô · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. i:tô

murs de défense. Je vois dans cet ensemble une seule pensée qui a tout disposé avec unité et avec grandeur. Bien loin que les travaux des âges suivants aient complété ou embelli la conception primitive du grand siècle, ils n'ont servi qu'à les mutiler et à en détruire l'harmonie.

Par exemple, au-dessous du portique septentrional des Propylées, les Athéniens élevèrent un immense piédestal qui porte encore aujourd'hui le nom d'Agrippa'. Ce piédestal n'a pas seulement fait renverser une partie de la rampe gauche, il en interrompt grossièrement l'alignement et s'avance sur l'escalier. La rampe tend à rejoindre le portique septentrional à travers ce massif gigantesque, qui ne fait que nuire de toute manière à l'œuvre de Mnésiclès.

Nous savons que la statue d'Âgrippa fut élevée pendant son troisième consulat , sous le règne <l'Auguste. Par conséquent, si le plan de l'esca- Jier eût été tracé pour la première fois du temps des Romains, on eût tenu compte évidemment du piédestal, et on eût amené l'encadrement de l'escalier dans son prolongement.

Les traces de l'escalier sont écrites, du reste, bien clairement sur les substructions qui supportent les deux ailes des Propylées. Ces substructions sont partie en pierre, partie en marbre : en pierre,

> PI. U, lettre Ë.

tout ce qui était caché par Tescalier; en marbre, tout ce qui paraissait. La ligue de séparation de matériaux si difTérents Forme elle-même des degrés qui accompagnent le mouvement de Tescalier.

C'est là un fait tout à Tait remarquable : car, si Ton peut dire que c'est en construisant l'escalier qui existe aujourd'hui qu'on a embelli ça et là le soubassement de tuf, on ne dira pas assurément qu'on a glbssé après coup tout le soubassement de marbre.

D'un autre côté, on comprend que si l'architecte, en construisant les Propylées, avait déjà déterminé la pente de l'escalier et disposé en conséquence les matériaux des soubassements, il était impossible cependant que chaque assise correspondit exactement à chaque marche. On remédia à cette inégalité en ajoutant quelques plaques de revêtement, dont deux fragments existent encore, non pas à leur place, mais dans les cavités mêmes du soubassement septentrional. Les trous de scellement, qui sont parfaitement visibles sur les dernières assises de marbre, la petitesse, lanettetéde l'entaille, semblent apnoncer le ciseau grec' ; ceux qui connaissent les monu-

' I^es entailles n'ont pas la forme du double T, il est vrai; mais les scellements étaient nécessairement extérieurs, puisque

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