CHAPITRE V
rneDtsde la Grèce, ne trouveront rien de puéril à cette remarque : même dans leurs parties cachées , dans leurs détails les plus humbles, on surprend les différences de travail et d'époque.
Il y a aussi des indications empreintes sur le rocher, du moins dans la partie supérieure de Tescalier. Cependant la surface a été altérée par le temps, par des accidents inconnus et par le remaniement qu'exigea l'escalier plus récent. On observera d'abord à gauche, un peu plus haut que le piédestal d'Âgrippa, des pierres de tuf encore scellées sur le rocher, restes des soubassements qui suppléaient aux inégalités d'un pareil soi et formaient l'assiette de l'escalier'. Çà et là des entailles, des trous de scellement qui chaque jour s'effacent, montrent que toute l'élendue du rocher était ainsi couverte d'assises de tuf qui supportaient les marches. Ce travail préparatoire ne peut être rapporté à la construction du second escalier, puisque ce dernier fut établi sur un blocage composé de petites pierres et de mortier.
Le mur pélasgique récemment découvert est
ce n*est qu'un travail de raccordement ; il fallait donc faire les entailles aussi petites et aussi peu visibles que possible.
< Une de ces pierres s'applique méine sur le petit chemin pélasgiqne dont il a été question au précédent chapitre.
une des preuves les plus décisives. Pourquoi Mnésiclès, lorsqu'il Ri disparaître les ruines des constructions antérieures et assit sur leur emplacement son vaste monument , aurait-il laissé subsister cette œuvre d'un âge barbare, si elle n'eût servi ses plans au lieu de les contrarier? Pourquoi eût-il démoli en partie ce mur, en lui . donnant là forme d'un escalier, si précisément il ne lui eût paru propre à supporter les degrés qui devaient le cacher et à remplacer le rocher qui manquait de ce côté ?
La nature des terrains qui ont été rapportés au même endroit, mérite une attention toute particulière. Le sol primitif est indiqué par la base du mur pélasgique. Jusqu'à Fériclès, ce muravecson parement était à ciel ouvert et servait de fortification. Lorsqu'on voulut l'enterrer pour supporter l'escalier, il fallut des remblais considérables. Or, la tranchée laisse distinguer parfaitement trois couches différentes de terrains. T^a couche la plus basse est formée par les débris du rocher de TAcropole, taillé pour établir l'assiette des Propylées ; la seconde, par les parcelles de tuf que les ouvriers entassaient en préparant les soubassements; la troisième, parles éclats de marbre que le ciseau faisait voler en travaillant aux Propylées euxmêmes. On retrouve les mêmes remblais en creusant à l'orient du Parthénon. Le mur pélasgique