CHAPITRE V. \A
peut-être à une époque qui nous est inconnue, reprise fidèlement sous les empereurs, quand les marbres eurent été usés par les pieds de quinze générations, elle reparaît aujourd'hui à la lumière^ et prèle aux Propylées une grandeur et une beauté nouvelles.
il me reste à expliquer, comme je Tai annoncé plus haut, pourquoi Tescalier est divisé en deux parties inégales, ou plutôt en deux systèmes différents; pourquoi, au-dessous du palier central, les degrés sont continus; pourquoi, au-dessus, ils sont interrompus par un' chemin creux.
La position de ce grand palier, lai^e de seize pieds sur soixante-dix pieds d'ouverture, n'a point été choisie au hasard, mais déterminée par les exigences mêmes des lieux.
Du côté du nord, il communique avec un petit escalier taillé dans le rocher, l'escalier de Pan ' , dont il sera question à la fin de ce chapitre. Du côté du sud, il correspond à une seconde entrée latérale^ qui devait exister au-dessous du temple de la Victoire. Mes recherches pour en découvrir les traces ont été vaines, parce que tout a été ruiné dans cet endroit lorsqu'on voulut y bâtir au moyen âge des fortifications et une porte nouvelle. Mais l'existence dû chemin pélasgique
' PI. II, lettre H.
» PI. II, lettre J.
iU L'ACROPOLE D* ATHÈNES.
prouve qu'il y avait un passage naturel vers le sud, et que les architectes de Périclès durent en profiter, tout eti élevant le sol jusqu'au soubasse^ sèment du temple de la Victoire^ En effet, par là seulement pouvaient monter les victimes et les bétes de somme : à l'occident la pente était trop roide, au nord il n'y avait qu'un rocher à pic. Les animaux arrivaient par cette porte au palier centra], puis suivaient le chemin creux que l'on avait ménagé au milieu de l'escalier supérieur; leurs pieds ne pouvaient glisser sur les dalles de marbre profondément striées. Au contraire, il était inutile de faire descendre le chemin creux jusqu'au bas de l'escalier, jusqu'à la grande porte occidentale, puisque cette partie n'était accessible qu'aux piétons.
De sorte qu'un pian si simple et si naturel se prétait à la fois aux commodités usuelles et aux intérêts de l'art : la principale entrée, au bas de la colline, et dans Taxe des Propylées^; à mi-côte
' On ne saurait étudier avec trop d'attention ce soubassement, pour bien retrouver le niveau du sol de Périclès, qui était plus élevé que le sol pélasgique. Le travail différent des pierres et du rocher offre des indications très-claires.
* Ceux qui ne voient que le plan des Propylées et des fortifications qui les précèdent, s*étonnent qu'un si vaste escalier^ qu'une avenue d'un effet si grandiose soit cachée par des tours, par un mur de défense au bas de la colline. Mais,