‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 59 sur 138 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de la grande porte , on reconnaîtra combien il est impossible que des chars aient jamais monte à l'Acropole. D'ailleurs , telle est la roideur de la pente, qu'avec toutes les facilités possibles, des voitures ne pourraient la gravir et encore moins la descendre. L'angle d'inclinaison est d'au moins vingt degrés.

Je pourrais ajouter qu'où l'on fait passer des chars, on devrait faire passer aussi le vaisseau sacré auquel le péplum était suspendu et qui glissait sur la terre par un mécanisme invisible'. Car Pausanias nous apprend^ qu'il était petit, et les rues d'Athènes, où on le promenait, étaient fort étroites, à en juger par celles dont on retrouve les restes. Or, l'on sait la route que suivait la galère panathénaîque : partie du Céramique^, elle allait jusqu'à l'Éleusinium, en faisait le tour , puis, longeant le mur des Pélasges, arrivait au temple d'Apollon Pythien, et de là à l'endroit où elle remisait, près de l'Aréopage^. Ainsi on la

' Voy, Meursiiis, t. 11, p. 5ia.

* Tou h\ 'Apetou iraYOu icXY)aiov 8eixvuTai vauc icoiv)Octaa cU t^v Tcov nxvaOv}voi{c»>v itofAinqv' xal tauTT)v (Mv Î^ kov tiç &mpc6aXXeT0. ( Att,y XXIX. ]

^ T^v vauv Ix Kcpa^ASixou apaaav àcpcîvai iitl to 'EXcuotviov, XKi iccpi^aXoiïaav aM, icapa(ACÎ\{/ai t2i DsXaaYixbv , xo(jLiCofuw)v icapài T^ OuOiov iXOclv ol vÔv âpfAiaTai. ( Philosti*. in Herod. Soph., 1. 11. J

4 Tou hï 'Aptiou icccYOu icAviatov... x. t. X.

15t L'ACROPOLE iVATHÈNKS.

pramenait précisément au-dessous du temple de Minerve Poliade, à l*orient et au nord de l'Acropole. On Tarrétait au moment où la procession commençait à monter vers la citadelle (car TAréopage est au pied des Propylées), et l'on détachait le péplum pour le porter a la déesse.

Alors, je me figure la pompe sacrée se divisant en trois troupes et suivant trois chemins difTérents. Les prêtres, les magistrats, les vieillards, les jeunes vierges, se dirigent vers la grande entrée. Ils dépassent les tours de la façade, qui sont comme le vestibule de l'Acropole et montent lentement le magnifique escalier de marbre. Pendant ce temps, les sacrificateurs et les bœufs qu'ils conduisent, les métœques chargés de leurs fardeaux arrivent à la porte latérale du sud et se présentent au-dessous du temple de la Victoire. Enfin, la jeunesse athénienne, qui a quitté ses chars et ses chevaux près de l'Aréopage avec le vaisseau sacré, gravit l'escalier de Pan, qui touche presque à l'Aréopage, et débouche par la porte latérale du nord, au-dessous de la Pinacothèque. Les trois troupes se rencontrent sur le vaste palier qui forme le centre de l'escalier; elles se réunissent et reprennent l'ordre accoutumé pour franchir les derniers degrés et pénétrer dans la ville sainte.

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