‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 6 sur 138 · CHAPITRE I. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. i

de Minerve et son collège de prêtres, réminiscence des Étëobutades.

IjOrsque Ton coiinatt l'orgueil national des Grecs et particulièrement du peupl^ athénien, on ne s^étonne point de ces flatteries inventées par les philosophes qui avaient adopté Minerve comme le type le plus pur et le plus idéal parmi les divinités : ils préparaient ainsi un accueil favorable à leurs théories.

Théopompe 'y Diodore, Pausanias^ Hérodote surtout, qui ménage si volontiers le peuple qui l'avait accueilli y paraissent beaucoup plus dignes de foi. Non-seulement les historiens, mais les faits eux-mêmes déclarent que le culte de Minerve était passé d'Afrique en Grèce. Danaiis, un autre Égyptien, à peine établi à Argos, élève sur le mont . Pontinus^ un temple à Minerve Saifide. Les Argiens savaient encore , au tempsdePausanias, que Minerve était adorée sur les bords du lac Tritonis. C'est là, disaient-ils % qu'elle aida Persée à vaincre Méduse, reine des Libyens.

' 060'7to{AiTOC ^ divairaXtv l^oixouç *A67}vaiiouç toiv AlYUTTTtcov cTvat tpTjotv. (Proclus , ibid,)

» Voy. plus haut, et Bœot,, XII.

* Kal litl t5j xopucpTJ xou 5pouç 8 xaXouŒi IIovtïvov, tepov re 'A6t)v3ç 2aiTi5oç. (Paus., Corinth., XXXVI.)

Aavaov hï XcYOuaiv aùtov t^ tspèv éict IIovTCvtai Trocrjoat ttjç 'A^vSI;. {ibid., XXXVII.)

* Ibid., XXL

Mais on voit combien le sentiment national chez les anciens mêlait k son ardeur quelque chose d'étroit. Qu'importait après tout aux Athéniens que le culte de leur grande divinité fût venu ou non d'Egypte ? JPTélait-elle pas devenue leur création? En la parant d'une grâce céleste par leurs poétiques fictions, en lui donnant la science, la sagesse, la valeur, la chasteté ^^ toutes les vertus de la femme et tout le génie de l'homme, n'avaientils pas effacé les traces de son origine étrangère? Par leur piété ils avaient surpassé tous les peuples rivaux; ils avaient quitté leur nom pour prendre celui de leur prolectrice; le ciseau de leurs grands artistes lui avait donné la vie et une beauté immortelle sur la terre; ils l'avaient fixée à jamais parmi eux en lui élevant les temples les plus magnifiques; et même dans l'imagination de la postérité la plus reculée, Minerve ne peut apparaître que sur le rocher de l'Acropole et parmi les ruines du Parthénon.

Quant à l'interprétation du mythe de Minerve

' On distingue trois modifications successives dans le mythe d'Érechthée, selgn M. Raoul-Rochette. — Dans la première forme, Érechthée est fils de Vulcain et de Minerve; ce mythe est purement égyptien. Plus tard il devint fils de Vulcain et de la Terre, pour sauver la virginité de la déesse, et Minerve ne fut plus que sa nouriice. Cette seconde forme est conçue sous l'influence ionienne. Enfin, dans la plut belle période de la civilisation attique, Tinlervention de Vulcain fut écartée pour

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