‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 7 sur 138 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et des légendes qui s'y rattachent, soit qu'on y ' veuille voir simplement un voile des faits historiques, — ou bien^ la personnification allégorique des progrès de l'agriculture et de la civilisation, — ou enBn^ un système astronomique et philosophique plus élevé encore, ces questions ne peuvent trouver leur place au début d'une étude comme celle-ci. Les arts sont ennemis des abstractions. Ils vivent d'imagination et de poésie, mais de cette poésie qui leur présente la forme plutôt que l'idée^ la forme revêtue de fictions vivantes, de tous ses attributs matériels. Dites à Phidias que la dispute de Neptune et de Minerve, c'est la colonie phénicienne chassée par la colonie égyptienne — qu*Érechlhée, c'est le blé confié à la terre, et Pandrose la rosée qui le fait croître — que Minerve, « c'est l'esprit ^ de lumière et de vie qui ré- » side dans le soleil et la lune, » et osez lui de-

«viter jusqu'à Torobre d'une souillure, et Ërechthce ne fut plus que le fils <le la Terre (yiiYeviQ;). C'est là, en effet, la tradition du siècle des Pisistratides, telle qu'elle est exposée dans le passage interpolé de Y Iliade :

Tixe Bï ^ci^poç "Apoupa.

[Journal des Savants j févr. i85i, p. 92.)

* Clavier, Histoire des premiers temps de la Grèce.

* OttCried MûUer, Minerve Poliadë, I, — Bronstedt, Foyages et recherches en Grèce, a« liv.

^ Histoire des Relig,^ par MM. Creuzer et Guigniaut, 6** liv. -* C'est en ces termes que M. L. Vinct résume, en la

mander ensuite des chefs-d'œuvre! Qu'on me permette donc d'adopter sans examen les fables les plus naïves ^ Qui voudrait les dépouiller de leucs mensonges, lorsque l'art qu'elles ont si admirablement inspiré les a en retour consacrées et faites immortelles?

Cécrops, par les bienfaits d'une civilisation inconnue, attira promptement autour de lui les habitants de l'Attique^, dispersés jusque-là, errants et misérables. C'était le temps où les dieux parcouraient la terre, prenant possession des villes où Ton devait leur rendre un culle particulier. Neptune vint le premier, et, frappant le roc ^ de son trident, fit paraître la mer au milieu de l'Acropole. Minerve arriva à son tour, et, appelant Cécrops pour qu'il lui servit de témoin, planta un olivier ^ chargé de ses fruits.

condamnant, la théorie de Creuzer. F^of. Greuz. et Guign., Not., p. i323.

' Dans tout ce chapitre je ne fais que recueillir les légendes qui se rattachent à TAcropote, sans en discuter Torigine ni la valeur. Quel est le peuple dont le berceau n'est pas eD« touré de fables d*autant plus charmantes souvent qu^elles sont plus absurdes?

* Apoïlod., III, 14.

^ Kal TÙcfiloLÇ Tîi Tpiaivij) xoLtk p.J9Tiv T^v 'AxpOTToXiv dvjcpv)ve OaXaffoQcv. (Ibid.) — C'était la OdfXaaaa 'Eps^Ov^tç, source légèrenient salée.

4 Ibid. et Constant. Géopon., IX, i.

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