‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 61 sur 138 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

chaque instant dans l'Acropole pour prendre une natte, un oreiller, des parfums.

Par cet escalier, on montait à la citadelle en venant du Céramique. Cesl ainsi que Cimon ', à la vue du peuple entier, allait, d'un visage riant, consacrer un mors de cheval à Minerve. Après avoir adressé ses prières à la déesse, il détachait un des boucliers suspendus autour du temple et descendait par TEnnéapyle vers la mer et le port de Phalère*. Cet acte, plus éloquent que tous les discours, encourageait le peuple consterné à suivre le conseil de Thémistocle et à s'embarquer pour Salamine.

On voyait encore à ciel ouvert, il y a trente ans, un certain nombre de marches taillées dans le rocher. DodwelP les remarqua en 1819, et, lorsque les Grecs assiégeaient les Turcs, quelquesuns montèrent par là dans l'espérance de trouver le passage mal fermé. En 1822, les Grecs furent assiégés à leur tour. Pour prévenir la disette d'eau, Odyssée fit enfermer dans un bastion la fontaine Clepsydre et l'église des Saints-Apôtres

■ Plutarque, Vie de Cimon, V.

* Ce ne fut qu'après la bataille de Salamine que Thémis^ tocle fit du Pirée le port d'Athènes.

^ Towards the north-west angle of the Acropolis and nearly under the Propylaea, I discovered eight steps hewn in the rock and leading up to the wall. ( Tour through Greece, i p. 3o3.)

où «lie se trouvait. Alors» i'escalier dePân^couveit' d'une voiite grossière et entei'né sous les dëcom* bres et les constructions, devint souterraîn. On refit à ia hâte les degi^s qui manquaient. Néanmoins, on voit encore 4e rocher qui forme un passage large d*un métré environ et soutient Lt maçonnerie moderne. En haut seulement, la voûte est naturelle. Un peu plus bas, en approchant la himière et en écartant ia ponssière qui les recou* vre, on distingue les huit marches taillées dans le rooli«Fr que Dodwell avait oompl?ëes. Au-dessous,' il V en a d'autres encore.

Enfin l'on arrive à la petite église des Sainl^s-^ Ap6tres, revêtue de peintures que je n''Oserais certainement pas appeler byzantines. Ce sont de ces œuvres qui ne peuvent être classées. Ce qu'elles offrent de plus remarquable, ce sont les tracea des 'balles que les Turcs, suivant leur habitude, tiraient au visage des personnages sacrés.

L'eau de la fontaine Clepsydre a un goût légèrement saumàtre, comme dans l'antiquité '. Le» Athéniens croyaient que l'on n'en pouvait trouver le fond et qu'elle communiquait avec la ner. Ils racontaient qu'un jour une fiole y tomba et reparut dans la baie de Phalère^.

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