‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 62 sur 138 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Une troisième entrée, mais celle-là naturelle, peut conduii'e sur le plateau même de TAcropôle. Au fond de la grotte consacrée à Aglaure, fille de Cecrops, il y a un passage tortueux, une fissure du rocher, qui se rétrécit rapidement et finit par se fermer. Mais après avoir fait dix pas, si Ton se retourne pour regarder audessus de sa tête, on voit le jour descendre par une sorte de puits oblique, dont les parois sont escarpées, hérissées de rothers,et qui semble inaccessible.

A rintérieur de TAcropole, à Touest de TÉrechtbéion et près du mur de Thémistocle, on retrouve la partie supérieure de cette ouverture à douze pieds au-dessous du sol actuel. Un. escalier moderne y conduit, taillé dans l'épaisseur du mur antique dont les dernières assises reposent encore sur le rocher. Au moment où le mur finit, la fissure commence.

Il est facile de se convaincre que les marches appliquées entre les deux parois du rocher sont modernes. Par la , dans les temps plus récents, les défenseiii'6 de la citadelle descendaient dans l'Agraulium, qu'ils avaient fortifié, et qui leur servait d'ouvrage avancé pour tirer sur l'ennemi. Lorsque la fente s'élargit, l'escalier cesse; il i*este vingt-deux pieds que l'on ne pouvait franchir qu'au moyen d'une échelle.

158 LACROPOLE D* ATHÈNES.

Il n'est pas possible que dans l'antiquité ce fût une enlrëe régulière et fréquentée. I^es trois marches que Ton remarquera encore dans le fond de la grotte d'Agraule sont également modernes. T>e rocher ne porte aucune trace de travail, et l'on sait, pourtant, par l'escalier de Pan, comment les Grecs savaient tailler ces sortes de passages. C'était une fente naturelle, impraticable dans les temps anciens^ et qui ne pouvait servir que dans les circonstances extrêmes ; l'histoire, du moins, le ferait supposer.

Lorsque Pisistrate.se fut emparé de l'Acropole, il voulut enlever aux Athéniens leurs armes et eut recours à la ruse suivante. Il convoqua le peuple dans l'Anacéion ', monument voisin de l'Agraulium, et se mita le haranguer d'une voix très-faible qui obligeait tout le monde à tendre l'oreille et à prêter la plus grande attention'. Pendant ce temps, ses gardes s'avancèrent, s'emparèrent des armes des citoyens et les portèrent dans le temple d'Aglaure. Par là il était facile de les hisser dans l'Acropole sans qu'on s'en aperçut.

Ce fut par la même ouverture que les Perses pénétrèrent dans la citadelle, a A la (in, » dit

' Voy. Leake, Topogr. of Ath,^ p. 167.

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