‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 68 sur 138 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

proportions, le mélange et l'harmonie si heureu^ sèment trouvés des différents ordres , les difficultés non-seulement vaincues, mais tournées en éclatants mérites, voilà qui commande l'admiration, et, quand s'y mêlent les sentiments inconnus qu'éveille l'originalité, l'admiration en reçoit une plus vive ardeur.

Je n'ai pas besoin de dire que ces réflexions vont beaucoup plus loin que ne le permettent les textes que j'ai cités. Comme les Propylées paraissent préférés partout au Parthénon lui-même, j'ai cherché à expliquer cette préférence.

Du reste, si nous sommes frappés encore aujourd'hui par la beauté grandiose des Propylées, qu'eût-ce été il y a deux siècles, lorsque lefmonument existait dans son entier? Car on en est à se demander lequel a le plus souffert, dans ce funeste dix-septième siècle, du Parthénon ou des Propylées.

L'escalier de marbre a disparu en partie, et, au lieu de cette rampe magnifique, on ne voit plus que des marches rares et disséminées. Des six grandes colonnes doriques qui formaient la façade des Propylées, deux seulement, celles des angles, ont encore leurs chapiteaux, et sont unies par l'arcliitrave avec les antes qui terminent les deux murs du vestibule. Ces chapiteaux ne le cèdent en rien, pour la beauté, à ceux du Parthénon. Ils ont la même courbe, la même fermeté, la même élé-

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gance. On reconnaît cette école d'architectes athéniens qui avait porté Tart dorique à sa plus exacte perfection, et ne pouvait plus chercher le progrès. Les formules étaient arrêtées; mais les combinaisons variaient; c'est par là que se révélait le génie de l'artiste.

L'écartement des colonnes du milieu est presque le double de l'écartement des colonnes de côté. On a donc été porté à croire que la disposition de la frise avait été modifiée et le nombre des triglyphes doublé au milieu'. Les frontons n'existent plus ; mais on en voit à terre les morceaux. J'ai trouvé , dans mes fouilles y un angle du fronton occidental que Spon et Wheler virenltencore. C'est même ce qui faisait affirmer au premier que (c l'arsenal de Lycurgue, x> comme on disait dans ce temps-là, était un temple.

« Vis-a*vis% à la main gauche du chemin, on «t voit un bel édifice de marbre blanc que quela ques-uns prennent pour l'arsenal de Lycurgue. « Pour moi, je tiens que c'est un temple, parce qu'il a a une façade et un fronton comme les autres, i»

ce L'aigle^ du frontispice est façonnée comme tf les ailes des autres temples, » dit Wheler, qui

' f^oy, Stuart et Revett, éd. franc., t. II, planche 45. * Spon, t. II, p. 141. (Lyon, 1678.) ^ C'est la traduction du mot àcTOç. Whel., traduct. franc., p. 419. ( Dan.Harthemels, 1689.)

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