CHAPITRE VI
de grandeur pour ne rien perdre de leur effet : elles soDt aussi hautes que les colonnes du temple de Thésée. En même temps, elles appuient et font ressortir le grand ordre qui, de son côté, leur prête par son opposition une grâce et une douceur qui surprennent dans le style dorique.
Du portique on passe dans une salle rectangulaire qu'on appelle ordinairement la Pinacothè' que^. La porte est flanquée de deux fenêtres doriques avec pilastres. Cette salle est détruite à partir de la corniche; mais elle était couverte par un toit à trois égouts. 11 existe encore plusieurs morceaux qui ont appartenu à la bordure du toit, entre autres, un morceau angulaire avec attache d'antéfixe. Cest ce qui a dirigé M. Desbuisson dans sa restauration. Des trous informes et la fendre byzantine pratiqués dans le mur datent des ducs d'Athènes, qui^ avaient construit leur palais sur les Propylées et détruit le sommet de l'aile gauche pour l'élever d'un étage. C'est pour cela qu'on la voit uniformément rasée au-dessus
« difice, on s'aperçoit aisément que les plus grandes pro- « portions sont au centre, et qu'il y a décroissance à droite et « à gauche dans la grandeur des portes, dans les intervalles des « colonnes. Il était donc nécessaire de construire les ailes sur « un plus petit modèle afin qu'elles pussent entrer dans Tidée « générale du monument. y>[Arch,des Miss., janv. i85o, p. a5.) * Voy. deux chap. plus bas.
nS L'ACROPOLE D'ATHÈNES.
de la frise de la même manière que le Tabularium romain. Ces triglyphes se continuent sur les trois côtés de Tédifice, bien qu'a l'occident et au nord il n'y eût que le mur, mur criblé de boulets et de balles, et dont, pourtant, les assises sont à peine déplacées.
L'aile opposée n'était qu'un simple portique, semblable à celui de gauche, et aucune salle n'y était annexée. Cette aile a aussi servi de base à une tour bâtie pendant le moyen âge. Deux des colonnes sont enclavées dans le mur, et on les voit en entrant dans la tour. La troisième a été détruite, mais sa trace est empreinte sur le marbre. Ce portique n'était point fermé complètement par derrière; une porte indiquée aujourd'hui par Tante qui fait saillie au pied de la tour, conduisait dans un petit espace compris entre les Propylées, le mur d'enceinte de l'Acropole et le mur pélasgique. Dans ce coin, un mince soubassement de marbre dont il a été déjà question ', appartenait à un petit édifice plus ancien, que les Propylées coupèrent obliquement. Entre la troisième colonne du portique et l'ante de la tour^ on voit sur les dalles un encastrement quadrangulaire « qui marque, » selon M. Desbuisson, « remplace cément d'un piédestal ou d'une stèle ou de tout « autre accessoire, un point d'appui isolé n'ayant
' yoy. ci-dessus, chap. IV; et pi. Il, lettre d.
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a pas de place possible en cet endroit , » et j'ajouterai : un pilastre tel qu'on Ta supposé quelquefois, ne se trouvant en ligne ni avec Tante ni avec la colonne.
L'angle sud-est de l'aile droite, qui regarde l'intérieur de l'Acropole, s'appuie sur le mur pélasgique dont j'ai déjà parlé et qui avait été conserve jusqu'à hauteur d'architrave : l'angle, en s'y appuyant^ brise complètement son arête.
EnBn, les murs qui unissent toutes les parties de l'édifice et regardent l'intérieur de l'Acropole n'ont évidemment point reçu le dernier fini. Les joints des pierres . ne * sont pas amenés à leur point, et les angles obtus, ainsi que la suiface provisoire qui prévenait tous les accidents de la construction, n'ont point été abattus. On remarque souvent au milieu des pierres une partie saillante qui peut-être servait à les élèvera leur place, peut-être aussi à mesurer le travail de l'ouvrier, comme les témoins de l'arpentage, et qui devaient plus tard disparaître. On remarque, surtout derrière l'aile droite, des preuves évidentes d'une interruption dans les travaux. Les petites constructions qui existaient précédemment, sont restées dans l'état de mutilation que leur avait fait subir rétablissement des constructions neuves. La cour en forme de trapèze qui s'avance vers le temple de la Victoire, n'a pas été débarrassée des
restes du petit édifice en marbre blanc qui a été coupé par le mur méridional compris dans la tour vénitienne.
Ces détails, qu'on n'avait pas eu le temps de finir, pour quelle raison ? je l'ignore, disparaissaient dans l'ensemble du monument et n'empécbaient point les anciens d'affirmer qu'il avait été complètement terminé'. Ils ne nuisaient en rien à cette fleur de jeunesse qu'admirait Plutarque, ni à ces beautés plus durables que nous admirons encore. La science déployée par l'architecte dans la construction des Propylées est au moins égale à la science dlctinus et de Callicrate. Comme eux, il a su éviter la sécheresse et la froideur des lignes droites, avec un art qui est encore un problème pour les modernes. Les plans verticaux ont été' inclinés, les plans horizontaux ont été courbés, et c'est ainsi que l'édifice a pris, comme la nature elle-même qui ignore les abstractions géométriques, quelque chose de réel, de vivant, d'harmonieux.
Quelques considérations sur la théorie des courbes trouveront mieux leur place au chapitre du Parthénon. Un temple se prête plus facilement à des rapprochements et à des comparaisons
' ... Tk npoicuXoiia itftvTfiXb>< iltiniiffii^. — Harpocr. IlpoiniX.
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