CHAPITRE VII
lUI CARACTERF. DPS PROPYLKK"*.
L'originalité même des Propylées, qui fait en partie leur beauté, rend aussi leur caractère plus difficile à saisir. C'est un embarras de décider dans quel but ils ont été construits. Est-ce simplement un monument de décoration? Renferment-ils une pensée religieuse? EstH^e un ouvrage de défense et de fortiBcation? En un mot, appartiennent-ils à Farchitecture civile, religieuse ou militaire des Athéniens?
Dans des matières qui prêtent tant à Tinterprétation, c'est-à-dire à l'imagination de chacun, et où notre ignorance des usages et surtout des idées anciennes nous peut égarer, il est naturel de rechercher avant tout et de comparer les faits.
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L'Egypte, avanl la Grèce, construisit des Propylées, et en cela, comme en tant d'autres choses, lui servit probablement de modèle. Hérodote raconte qu'Amasis, voulant honorer Minerve, lui éleva, à Sais, des Propylées admirables'. Aucun de ses prédécesseurs n'en avait construit d'aussi hauts, d'aussi grands, d'aussi remarquables par la dimension et la qualité des pierres. C'est de Sais que Cécrops avait apporté à Athènes le culte de Minerve. Ce rapprochement est curieux. Il n'est pas moins singulier qu'Hérodote admire dans les Propylées de Sais précisément ce qu'admirait Pausanias' dans ceux d'Athènes.
A Persépolis, il y avait des Propylées en avant des palais^. Ils sont ornés de colonnes, de pilastres, de sculptures; tantôt ils tiennent à l'édifice, tantôt ils forment un corps avancé.
On a supposé ^ qu'à Athènes des Propylées plus anciens avaient existé sur l'emplacement même des nouveaux, et que les Perses les avaient détruits. J'ai cherché en vain un auteur qui en
^ 'Ev 2ocï T^ *A6T)vaM] npoiuuXaia 6(0(Aa<Tt^ ot i$eirofT)<Tt, tcoXXov TcavTttç &iCE(>6aXXofx,cvo< tôî ts &^eï xai tÇ fASYa6at, feoiv tc to (icyocOo^ XtOcûv i<rA xai 6xot(i)v tccov. ( Hérod.^ 1. II, 175.) * Ko9(A({) xaX \à£^i^t\, Tcov Xt6(i]v icpdel^e. [Mt.^ XXII.} ' Voyez, par exemple, la planche 90 du Voyage en Perse, ^ M. Buraouf, membre de l'École d'Athènes, Archiçes des Missions y p. 3i.
parlât ^ Au-dessous delà Pinacothèque, on remarque, jetées au hasard, quelques pierres revêtues de stuc. Les unes proviennent d'un petit monument ionique, les autres d'un petit monument dorique. Ce mélange des deux ordres, qui se retrouve dans les modernes Propylées, serait-il une preuve suffisante? Ces rares débris, qui appartenaient peut-être à deux temples différents, ne peuvent-ils se trouver fortuitement rassemblés? A moins d'un témoignage écrit, que j'ignore, il est didficile d'admettre une telle conjecture.
Il y avait des Propylées à Corinthe ; mais nous ne savons pas s'ils furent construits par la colonie de Jules César, ou si les Romains restaurèrent seulement un ouvrage grec renversé par Mummius. En sortant de l'Agora, dans la direction du port Léchée^, Pausanias signale des Propylées dont le sommet était orné de chars dorés. Sur l'un était Phaéthon, fils du Soleil, sur l'autre le Soleil lui-même. C'est ainsi qu'à Athènes le por^
' Hérodote, au contraire, racontant le siège de l'Acropole par Xerxès^ parle des portes de la citadelle, et non des Propylées :
"OmvOe Sa TÛ>v TOiXicov xa\ t9)ç àvdSou. ( YIH, 53. ) > 'Ex Se tr,ç 'AyopSç iÇiivTcov t?jv ItcV Ae^aiou, IlpoiniXaibt lori xal Itc' aÙTwv Ipp-axoc èniyij^xàvay t^ [liv 4^aé6ovTa 'HX(ou icalSo, To Bï "'HXiov auTov (p^pov. ( Paus., Côrinth,^ 111. )