‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 73 sur 138 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

tique royal' était couronne de statues en terre cuite.

L'Agora d'Athènes avait aussi des Propylées', qui ne furent élevés, il est vrai, que du temps d'Auguste, mais suivant les règles de l'art grec, car l'entre-colonnement du milieu est de beaucoup le plus grand, et le nombre de ses triglyphes est doublé.

Je ne parle pas des Propylées d'Eleusis, qui étaient la copie exacte des Propylées de Mnésiclès. 11 y en avait également à Priène, en Asie Mineure; à Sunium, devant le temple de Minerve; à Pompéi, devant le forum triangulaire.

Si nous ne voyons pas cités dans l'antiquité un plus grand nombre de monuments de ce genre, il n'en faut pas conclure que ceux-là seuls existassent. Quoi de plus naturel que de ménager aux enceintes importantes une entrée plus majestueuse? Les maisons particulières elles-mêmes, si l'on en croit Yitruve^, étaient précédées d'une dé-

< Paus.,^tf., III.

> Ces Propylées existent encore; c'est ce qu'on appelle communément le Portique d'Auguste. Foy. Leake , Topogr, of Ath,y p. a 13.

3 Item Protliyra graece dicuntur quae sunt ante januas vestibula. (Vitr.VI, 8.)

Entre IlpoicuXaia et IIpMupa il y a seulement la différence de Oupa à iruXai : la porte des maisons, et la porte d'un grand édifice ou d'une ville.

i88 L'ACROPOLE D'A^fHÈNES.

coralion analogue. Les arcs de triotnphe des Romains, placés, en général, avant la porte des villes, ou à. l'entrée du Forum et des grandes avenues, n'élaient-ils pas une sorte de Propylées?

Ces faits ainsi réunis, il est plus facile de définir le caractère réel des Propylées, qui, d'abord, n'ont rien de religieux, bien qu'ils servissent d'entrée au grand sanctuaire de la religioâ athénienne. M. Burnouf ' a réfulé victorieusement cette opinion ^ par des raisonnements philosophiques, qui, en matière d'art, n'ont que peu de portée, et par des preuves plus positives que je ne puis mieux faire que de reproduire :

a Quand nous comparons, » dit-iP, « les Propy- « lées d'Athènes à un temple antique, nous ne pou* « vous trouver entre ces deux choses aucune res- « semblance. Ce qui constitue le temple grec, c'est « avant tout le vaoç, c'est^-dire la salle fermée, cf souvent inaccessible au vulgaire^ où se trouve la a statue du dieu. Dans les Propylées, il n'y a rien <f qui ressemble au vaoç, puisque le bâtiment prin-

X P. 14 et suiv. du même article sur les Propylées, doot M. Raoul -Rochette rend compte avec des éloges si flatteurs pour M. Burnouf dans \e Journal des Savants, (Juin i85o.)

' M. Raoul -Rochette a prouvé que M. Burnouf attribuait à tort cette opinion au colonel Leake. ( Ibid,^ 342. )

3 Arch, des Miss. y p. 1 5.

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