CHAPITRE Vil. im
c< cipal se compose d'un simple mur percé de cinq (c portes, avec une colonnade devant et derrière. « IjC temple, sanctuaire de la Divinité, n'est point
« ouvert au premier venu Au contraire, sous
a la grande porte des Propylées, passent non-seu-
« lement les hommes à pied, mais, etc., etc
fi II ne faut donc pas dire que les Propylées ont tt un caractère religieux, car on demandera aus- « sitôt quel est le dieu ou la déesse qui habite les « Propylées. »
Spon, apercevant la façade et le fronton des Propylées, s'écrie : « Je tiens que c'est un temple. » Mais il n'est pas besoin de connaître beaucoup les Propylées pour ne pas se laisser tromper à ces apparences. L'architecture grecque n'admettait qu'un petit nombre d'éléments qu'elle reproduisait dans toutes ses œuvres, cherchant plutôt la perfection que la variété, et trouvant une variété infinie par les proportions et les combinaisons. La colonne, la frise, le fronton n'étaient pas attribués aux seuls temples, mais aussi bien aux édifices civils, basiliques, portiques, théâtres, aux tombeaux, ayx maisons mêmes'. La meilleure preuve que les Athéniens n'attachaient aucune idée religieuse aux Propylées, c'est que l'enceinte du Marché neuf en avait, avec les colonnes doriques, le fronton et tous les dehors d'un temple,
' Pour le fronton des maisons, vojr, \esLett, (fun Antiq.^ XXII.
si bien que le coloDel Leake ' croit devoir éta« blir par une discussion qu'ils n'appartenaient pas à un édifice sacré. En effet, sur la porte même, fut gravé un édit* de l'empereur Adrien qui taxait le sel et rhuile.
Le caractère d'un monument est arrêté dans l'imagination populaire par la tradition et surtout par l'habitude. Il est si vrai que c'est souvent une affaire de convention, que le temple grec, qui, peut-être, parlait à la piété des anciens, est destiné souvent par les modernes, quand ils en construisent, à des usages profanes. Comment eut-on entouré d'un respect religieux un monument qui précédait indifféremment un temple, une enceinte fortifiée, une place publique, un marché^. Périclès avait voulu que les Propylées de l'Acropole fussent dignes de la déesse protectrice d'Athènes, et en harmonie avec les magnifiques édifices auxquels ils conduisaient. Mais ce n'est pas l'intention d'un homme d'État qui donne aux marbres et aux lignes une expression que l'art et la tradition générale ne leur ont pas donnée. Il y met la richesse, ses artistes la beauté : mais cette âme, dont parle Plu-
« Leake, Topogr, qfj4th,^p, ai i et suiv.
* F'of, Bœckh, Corp, inscript, grœc.^ 1. 1, n^ 355. 3 La colonnade de la place Saint-Pierre à Rome a-t-elle un caractère religieux ou le caractère de toutes les colonnades?