‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 79 sur 138 · CHAPITRE Vil. Wi · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil. Wi

que nous en connaissons contredirait singulièrement ce principe. En Égypie, on les place devant les temples, en Perse devant les palais. Je ne parle pas d'Eleusis, que l'on cite quelquefois' comme place forte. Mais comment, sous la domination romaine, lorsque cette ville ne méritait, ni par son importance militaire, ni par sa position, de si somptueuses fortifications, y construisit-on cependant des Propylées semblables à ceux d'Athènes?

Quand Philippe franchit les Thermopyles ^, un décret indiqua Sunium aux habitants de la pointe de l'Attique comme lieu de refuge. Veuton, pour cela, considérer le Péribole du temple de Minerve à Sunium comme une citadelle?

Il avait des Propylées. — Mais-là, on ne cherchera ni courtine, ni bastions; car c'est une simple façade, composée de deux^ colonnes entre deux pilastres.

Une place publique, un marché dans l'intérieur d'une ville, ne semblent pas exiger des fortifications. — Il y avait des Propylées devant l'Agora d'Athènes et de Corinthe.

Mais si les Propylées n'étaient pas un ouvrage de défense, dira-t-on, comment était fermée à l'ennemi l'entrée de l'Acropole? Par des murs,

» Scylax, A, 44.

* iyémosih, fpro Coron. y p. 238.

5 Voy. VExpédithn de Morée, r. III, pi. 3o, 3i.

c'est maintenant bien évident, et par des murs proprés à soutenir un long siëge. Je rappellerai la prise dé rAcrupole par Sylla, ou plutôt par son lieutenant Gurion '. Le tyran Aristion s'y défendit longtemps, dit Plularque, et le mauque d'eau, seul, le força à se rendre. Certes, ce ne sont pas les Propylées qui pouvaient soutenir un blocus.. S'il n'y avait pas eu d'autres fortificalions con*struites selon les règles, comment expliqueral-on l'histoire et ce tyran qui, avec ses mercenaires, tient en échec la puissance romaine?

Ainsi, les Propylées n'avaient aucun caractère militaire. Ni le stviede leur architecture, ni leurs avantages stratégiques, ni l'emploi ordinaire des édifices du même genre, ni l'histoire, ni l'autorité d'un seul écrivain ancien, ne justifient, je le crois du moins, une telle opinion.

Cétait un monument Ae décoration^ rien de plus, mais de magnifique décoration, où l'artiste, sans autres entraves que les exigences du terrain, pouvait se livrer entièrement à ses inspirations. I^ temps, les millions, les matériaux les plus choisis, les ouvriers les plus habiles, il eut tout à discrétion. Une telle fortune seconde si merveilleuse-

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ment le talent, qu'elle a Tair de le faire naiire . Les modernes, quoi qu'on en dise, savent, tout aussi généreusement que les anciens, élever à grands frais ces édifices, en apparence inutiles, qui font l'ornement et la gloire d'une grande ville. Mais peut-être n'y mellent-ils pas cette passion que mettaient les Athéniens à décorer leur Acropole. C'était pour eux comme une patrie plus chère au sein de leur patrie, la ville de Cécropset d'Érechihée, le berceau de leur puissance, le sanctuaire de leur religion, fis voulaient que ce fût le plus beau lieu du monde, ce rocher, que les dieux s'étaient disputé et qui avait vu grandir un peuple. Quand la Grèce tributaire y portait ses trésors, ils le montraient avec orgueil, décoré de chefs-d'œuvre que la Grèce était condamnée à leur envier éternellement. Non, quand Épaminondas voulait transporter les Propylées sur la Cadmée, ce n'était point pour la rendre inaccessible. Mais il sentait quel ornement c'était pour la ville qui les possédait, quelle gloire pour le peuple qui les avait construits.

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