CHAPITRE VIII. 2i
Il y avait donc dans la PinacotIièc|iie des peintures remarquables, puisqu'un critique alexandrin en avait fait le sujet d'un traité spécial. Plus tard, au siècle d'Adrien, le temps avait tellement dégradé une partie d'entre elles, (|u'on n'en pouvait plus rien distinguer'. Pausanias cite celles qui avaient moins soufTert. La plupart représentaient des actions héroïques ou touchantes, immortali* sées par la poésie : les peintres s'étaient inspirés d'Homère et des grands tragiques.
Ainsi, Ton voyait Diomède et Ulysse, ces compagnons inséparables, toujours prêts aux aventures et aux exploits les plus hardis. L'un venait de saisir les flèches de Philoctète, lautre emportait d'IlioD le Palladium. Un autre couple non moins célèbre servait de pendant à ces deux héros : c'était Oreste tuant Égisthe, et Pylade tuant les fils de NaupHus qui veulent secourir Égisthe. Ce qu'Eschyle et Sophocle ne pouvaient mettre sur la scène, la peinture plus audacieuse le représentait aux regards : le tableau complétait le drame.
Euripide 9 à son tour, avait servi de modèle à l'artiste. Qui ne se rappelle le sacrifice de Polyxène et ce récit dont l'émouvante simplicité n'a jamais pu être rendue par le pinceau ?
Le fils d'Achille a tiré du fourreau le couteau
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(Paus., ^/r., XXII.)
21i I/ACUOPOLK D'ATHÈNES.
doré ; par Tordre d'Agameranon, on laisse libre la jeune vierge, qui veut descendre parmi les morts, non pas en esclave, mais en reine.
« Elle a entendu cette parole de ses maîtres. <c Prenant ses voiles au-dessus de l'ëpaule, elle les « déchire jusqu'au milieu des flancs: elle décou* « vre sa poitrine et ses seins, beaux comme ceux « d'une statue. Puis, posant le genou à terre : — « Voici ma poitrine, jeune guerrier, si c'est là que <c tu désires frapper. Si c'est à la gorge^ la voici « prête et tournée comme il le faut* — Mais « lui, ému de pitié, ne veut pas la frapper et le a veut... w
C'est cette terrible suspension qu'avait choisie le peintre '. On voyait Polyxène près du tombeau d'Âchille, au moment où elle allait être immolée, a Homère a bien fait, » dit Pausanias, « de a passer sous silence cette scène cruelle ! » Cette réflexion est d'une âme sensible : mais qu'en pensent les poètes et les artistes?
Parmi ces tableaux dont Pausanias ne nomme point les auteurs, il y en avait deux de Polygnote. L'un représentait Achille à Scyros, parmi les fîlles de Lycomède. Le même sujet a été retrouvé à Pompéi, avec les caractères d'une copie :
XuÇcvT). 'OfJLi^pw Bk vj {xèv irapeiôr. xo y àixèv oûto); ^pyov.
(^/r., XXII.)