CHAPITRE IX
race dont Athènes fut le centre avait adopté particulièrement un ordre qui ne paraissait alors ni sans fermeté, ni sans grandeur. Si le dorique est plus sévère, l'on a vu, par le vestibule des Propylées, que rionique savait, auprès de lui, se dépouiller de sa richesse et se faire simple. Nonseulement il affecte la même simplicité dans le temple de la Victoire sans ailes, mais il ofTre avec l'ordre intérieur des Propylées la ressemblance la plus complète. Le chapiteau est le même, les ornements sont exactement répétés, et répétés à la même place. Le principe de décoration est le même; c'est-à-dire que les ornements, au lieu d'être sculptés en relief, comme sur le temple de Minerve Poliade , sont dessinés au trait et nécessairement peints. Les couleurs ne sont plus reconnaissables, il est vrai ; mais on remarque sur les contours, ainsi délimités, comme une couche particulière. On conserve même dans le petit Musée de l'Acropole un fragment curieux de la cymaise : le marbre a été rongé par l'air de la mer, ainsi qu'il arrive aux parties tournées vers le sud ; mais les palmettes, protégées évidemment par un enduit, n'ont pas été attaquées; de sorte qu'elles se détachent par une légère saillie, que Ton ne saurait toutefois confondre avec l'œuvre du ciseau. J'ai observé un accident analogue sur un fragment trouvé parmi les ruines de I. i5
«32 L'ACROPOLE D'A^IHÈNËS.
Sélinonte, qui sont exposées également à l'action corrosîve du \ent d'Afrique.
Dans la petite cella fermée par ses grilles était la statue ' de la Victoire sans ailes, tenant dans sa main droite une grenade, dans sa main gauche un casque. C'était une statue très-ancienne, en bois, comme la plupart de celles qui remontaient aux premiers temps de l'art. Le sculpteur Calamis, que l'on croit contemporain de Phidias, l'avait imitée à Olympie. Quand les Tégéates voulurent placer une Victoire auprès de la statue de Minerve, il la représenta sans ailes, « copiant », dit Pausanias^,«c la statue de bois qui se trouve à Athènes. »
Dans son voyage en Laconie, Pausanias explique aussi pourquoi les Athéniens avaient ôté les ailes à cette déesse :
a II y a à Sparte, » dit-il^, « un Mars avec des a fers aux pieds, statue très^ancienne ^ qui a été a élevée dans la même intention que la Victoire
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3 Lacon.y XV.