CHAPITRE IX
Minerve victorieuse , mais, par la réunion énergique de deux substantifs ^ Minerve -Victoire ^ Déesse de la force guerrière et de la sagesse, elle possédait la condition infaillible, Tessence même de tous les triomphes*.
Adorée déjà sous plusieurs noms dans l'Acropole^, elle rétait en avant des Propylées sous cette nouvelle forme. Aussi croirais-je volontiers que ce nom de Victoire sans ailes ne fut inventé qu'à une époque postérieure, lorsque la tradition eut été obscurcie dans les souvenirs. On oublia Minerve, on ne vit plus que la Victoire, et, comme partout on la représentait sous la forme d'une jeune femme aux longues ailes d'or, on s'étonna de cette différence, on voulut se l'expliquer; l'imagination fit le reste. A Mégare, les exégètes avaient mieux conservé la tradition ^.
vu(AO< Tvjc Nix7}ç ^OTtv, iXX' 6(jiu)vu(xoç. (Aristid., Orat. in Minerv. )
» 'AOYiva-NfxTi.
* NofAiCofii^vT)c Y^P a^< iroXefAcxTJc xal ç povT)T(XT)c ixoXouOov àv tt?) xai xb r^v v(x7)v autv) ^uvéïreffOai* t^ yàp ^{A(pp<{va>ç icoXefActv vix7)Ttx^v. (EtymoL mag, in v, N(xv).)
^ nap6évoç, DpofAaxoç, DoXiac, Tyieta, 'EpYavv).
4 Ce fut bien la Mioerve-Nicé, et non une victoire sans ailes, qu'ils nommèrent à Pausanias : Ka\ JfTspov ^vTaûOa Itpox 'AOifjvaç irtiro(7)Tai , xoiXou[A<vt)ç NtXTiç. TiBi toÏ; Ife^JY^Tal;..^ (Mt., XLII. )
236 L*ACEtOPbLË D'ATHÈNES.
Pendant que Minerve était dans le temple, gage éternel de la puissance athénienne ^ sur la frise extérieure étaient représentés les combats où elle avait assuré l'avantage à son peuple ; et , sur la balustrade de marbre qui entourait le temple, un voj^ait toute la troupe des Victoires personnifiées, messagères ailées qui^ par Tordre de Minerve, se pressaient, s'envolaient, accouraient de toutes parts à Athènes, pour y répandre la joie et l'orgueil.
Il n'y aur^ donc point de vaine subtilité à voir dans ces diverises compositions le développement d'une même idée : dans le temple, la Divinité, principe de la victoire; au dehors, les hommes qu'elle protège et l'action qu'elle conduit; déta* chés du temple, les Génies, image divinisée de chaque victoire, qui franchissent de leur vol le temps et l'espace, et qui s'appellent Marathon,
Salamine, Platées.
La frise qui courait tout autour du temple
n'orne plus que deux de ses côtés. La frise du nord et celle de l'ouest sont maintenant.au Mu^ée britannique ; leurs moulages en terre cuite avaient été envoyés à Athènes; mais en les posant, on brisa celui de l'ouest.
Ces charmantes sculptures, par leur relief même et par la petitesse du monument, furent à la portée de tous les barbares qui possédèrent l'Acro-