CHAPITRE IX
un seul?Y en a-t-il plusieurs? — A sa droite, le spectateur voit une figure drapée et assise que deux femmes cherchent à entraîner; à gauche, au contraire, trois femmes qui accourent avec un mouvement assez vif. Derrière elles, un enfant nu et ailé est tenu par deux autres femmes : on pense naturellement à l'Amour.
On comprend que devant ces charmantes sculp* tures la curiosité s'éveille et leur demande le secret que leur mutilation a scellé. On comprend
blance que présente une figure assise avec TOreste du vase d'argent connu sous le nom de vase Barberini ou Corsini. (Yoy. Winckelm., Monum, in., pi. i5i.) Oreste fut absous par l'Aréopage, et le rocher de l'Aréopage est, en eflet, voisin du temple.
Dans l'art chrétien, le jugement de Salomon, le plus diffi^ cile de tous les jugements, est comme le type de la justice. II en serait de même, selon M. Lenormant, du jugement de lAréopage osant déclarer qu'il est permis de tuer sa mère pour venger son père. N'est-ce pas la plus terrible de toutes les questions judiciaires ? Et il est à remarquer que jamais les anciens, même les poètes tragiques, n'ont osé la trancher.
Cette représentation dramatique de l'idée de justice n'a rien que de nécessaire sur le temple de la Victoire, surtout lorsque tant de réclamations s'élevaient de tous les points de la Grèce contre la puissance des Athéniens et contre leur domination. Comme pendant à IMdée de justice, on aurait l'idée du dévouement achetant la victoire.
Je laisse à M. Lenormaut le mérite et la responsabilité de cette explication.
^40 L'ACROPOLE DATHÈNES.
que rimagination cherche à animer les personnages, à surprendre le drame qu'ils jouaient, lorsque la main des barbares a fait disparaître leurs pantomimes, leurs costumes, l'expression de leurs visages. L'amour de l'antiquité doit même prolonger ces efforts et ces combinaisons ; mais c'est là un plaisir personnel, et je n'ai point le droit de mettre mes fantaisies à la place de l'histoire '.
' Je me suis rappelé, devant cette frise, la fable que raconte Athénée : les dieux donnant à la Victoire les ailes de l'Amour.
'Aicoxo^avreç aÔTou ircepà,
"'Iva (A^ itivr^xai icp^ç tov o&pavov id^Xtv, Afiup' otuTOv l^uY^Stuaav &ç ^{tSç xatco' Tàç Si TTcf puyaç àç it/t t9i N£xti cpopaïv 'ESoaav
(Aristoph. cité par Athénée, pag. 563. }
Voici comment on pourrait voir ce sujet représenté sur le temple : Minerve est au milieu de la scène ; encore irritée de l'attentat de YulcaÎD, elle demande que l'Amour soit chassé du ciel et qu'on donne ses ailes à la Victoire. La Victoiie d^ viendra sa messagère et annoncera d'un bout du monde à l'autre les triomphes qu'elle promet à son peuple. Le grand Jupiter l'écoute ; Neptune, assis sur le rocher de VAcropoki où il vient d'être admis, Neptune est de son avis; les héros protecteurs de l'Attique les entourent et se réjouissent. En vain les trois Grâces, vêtues comme les a vêtues Socrate, accourent pour défendre la cause de l'Amour. Déjà la Force et la Violence, ministres de Jupiter, l'ont saisi, quoiqu'il lève