‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 95 sur 138 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

paysage % par les marais où les Perses se préci* pitent, par les vaisseaux phéniciens qui essayent en vain de les recueillir; mais tous ces détails sont interdits au sculpteur qui décore un temple. Les personnages mêmes sont sur un seul plan et ont une égale importance : ce nest pas un combat général, mais une série de combats singuliers. Ici, il est vrai, les costumes indiquent des Perses — mais les Perses ont compté plus d'une défaite. Entre Grecs, au contraire, la couleur des manteaux, les signes peints sur les boucliers *, maintenaient pour des yeux exercés la distinction des peuples — mais les Grecs s'étaient mesurés en tant de lieux ! Enfin, si Ion retraçait des épisodes, des portraits célèbres, les contemporains seuls en avaient le secret ; les âges suivants en étaient réduits à la tradition. Faut-ii nous étonner de notre incertitude, quand cette tradition nous manque ?

L'art, il faut l'avouer, ne perd rien à cette lacune, qui ne préoccupe que l'histoire. Qu'importent le lieu, le nom^ la date ? Le combat en est-il

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* Les Messéoiens vinrent surprendre Ëlîs, qui attendait le secours des Lacédémoniens, et ils les trompèrent, ^fxela Iv xaiç doiciat Aoucwvix^ f/(W'^^' (P^Ui^an., Mess.^ XXVIil. )

moins animé, les guerriers sont-ils moins bien groupés, leurs formes moins belles, l'imitation de la nature, dans le développement desa force, moins parfaite?

La frise méridionale est celle qui a le moius souffert. On y compte vingt-huit figures, dont sept seulement sont devenues à peu près méconnais* sables. Je n'entreprendrai point une description minutieuse qui n'apprendrait rien à personne. L'imagination se rend aisément compte d'une série d'engagements où , avec des mouvements et des succès divers, chacun attaque ou se défend.

Le moment choisi par l'artiste est celui de la défaite. Déjà plusieurs barbares ont succombé; étendus à terre , ils sont foulés aux pieds par les chevaux. D'autres, blessés ou désarmés, vont recevoir le coup mortel. Mais c'eût été répandre sur la composition générale trop de monotonie que de ne pas donner quelquefois aux Perses de l'énergie et une apparence d'avantage. On en voit un, en effet, d'une taille élevée, qui, de son genou, presse un Grec renversé et lève le bras pour l'achever. C'est un chef sans doute, et son courage, autant que les riches draperies qui s'agitent autour de lui, l'a signalé à trois Grecs qui volent au secours de leur compagnon; un d'eux lui a même déjà saisi le bras. Malheureusement, cette partie où la composition semble avoir plus d'éten-

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