CHAPITRE IX. Ul
due est fort endommagée ; il en est de même de la scène suivante, où un Perse tombe avec son cheval. Dans les autres groupes , on peut admirer certains détails , particulièrement les formes des guerriers grecs, qui sont complètement nus; car Ton ne peut compter pour un vêtement la courte chlamyde qui vole derrière leurs épaules, ou qu'ils ont enroulée autour de leur bras gauche, pour parer les coups de Fennemi.
La frise du nord, qui représente un sujet analogue, donnerait lieu aux mêmes remarques. C'est celle qui a été emportée en Angleterre, et qu'on a remplacée par un moulage en terre cuite. Les morceaux furent retrouvés par lord Elgin dans les murs d'une poudrière turque. Alors, pour la première fois, on découvrit l'erreur des anciens voyageurs, qui avaient vu ce petit temple debout et avaient parlé d'un combat d'Amazones. Le costume efféminé , les formes quelquefois délicates , l'action molle que l'artiste a donnée avec intention aux Perses, l'état de ruine' surtout de ces bas-reliefs, pouvaient tromper un coup d'œil rapide comme celui qu'on jetait dans ce temps-là sur les plus belles choses. Peut-être même un bouclier échancré, semblable à ceux des Amazones, un seul, que tient un Perse agenouillé,
* « fregio carico di bassi rilievi di ben effigiate figu-
« rine, mamancanti tuUe délia testa. » (Corn. Magnî , p. 55.;
248 i; ACROPOLE D* ATHÈNES.
a-t-il contribué à celte illusion. Mais, lorsqu'on eut retrouvé et vu de près ces marbres précieux , on reconnut que toutes les figures bien conservées étaient des hommes; ce qui n'engageait nul* lement à croire que celles qui étaient ruinées fussent des femmes. La batbe chez quelques-uns, le grand cimeterre oriental, la tiare, la tunique à manches, le vêtement plissé des jambes', ne diffèrent en rien de tout ce qu'on observe sur la grande mosaïque de Pompéi.
[^ frise de l'ouest est également à Londres.
Mais elle est presque entière, tandis que les deux liers de celle du nord sont complélement effacés^.
Ce qui m'a frappé surtoul , c'est le caractère général de cette bataille, qui est engagée avec une violence et une fureur que l'on ne remarque point dans les deux autres. Il est possible, je le sais, que i^ela tienne uniquement à ce que différents artistes ont peut-être travaillé h la frise; un talent plus fougueux se serait chargé de ce côté. Mais ce n'est point prêter à l'art grec des beautés trop raffinées que de supposer que la sculpture suit fidèlement rhisloire. Elle fait combattre plus mollement ces Mèdes que l'on égorgeait par troupeaux , mais réserve toute sa force pour mettre dignement aux
' i^omme au Pœcile : braccatis illita Médis
Porticus.
* Die Ahropolis, pi. XI.