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alors, surtout, qu'on remarque une véritable dëcatience : tant il est vrai que le mauvais goût est de toutes les époques!
Les sculptures du temple delà Victoire, aii contraire, sont d'un style pur, sévère, irréprochable : c'est le sentiment grec, avec toute sa mesure et son admirable instinct du vrai. Que ne les comparet-on plutôt aux bas-reliefs du temple de Thésée, qui ont le même caractère, la même beauté, et qui sont peut-être de la même époque?
J'ai Tait allusion tout à l'heure aux couleurs dont avaient pu être revêtues certaines parties de la frise. Je dois dire cependant qu'il n'en reste absolument aucune trace. L'air corrosif de la mer, le marteau des Turcs, la chaux qui fixait la moitié de ces débris dans le mur d'une poudrière, ont enlevé la surface même et comme l'épiderme du marbre; mais les restes de peinture que l'on voit sur la frise du Parthénon, sur la frise occidentale du temple de Thésée, autorisent, je crois, cette induction. Cependant, je ne parle que du fond de la frise, des armes^ des draperies; là seulement on a trouvé de la couleur. Le nu restait-il blanc? Était-il revêtu d'une teinte légère? Cest encore un
Pendant que Phidias, Alcamènes et Panœnus ornaient te temple d'Olympie, des sculpteurs d*un moindre mérite allèrent, avec Icdnus, en Arcadie. Leur œuvre m'a toujours semblé trahir la prétention d'éclipser Phidias lui-même.
i52 L'ACROPOLE D'âTHÈNëS.
problèoie. Lorsque les bas-reliefs étaient taillés dans la pierre, oo ajustait aux personnages fémi* nins des télés, des mains, des pieds, en marbre hlanc : ce n'était probablement pas pour les peindre comme on avait peint la pierre. C'est oe qui est arrivé à Sélinoute, non pas dans ces temples archaïques où l'art est encore grossier et primitif, mais au temple plus moderne, dont les sculptures annoncent déjà par leur beauté le commencement du siècle de Phidias.
TiOrsqu'en i835 on détruisit la batterie qui s'élevait devant les Propylées, on trouva successivement de grosses plaques de marbre d'un peu plus d'un mètre de haut, entières ou en fragments, sur lesquelles étaient sculptées en relief des femmes ailées. Des trous de scellement montraient que ces plaques avaient dû être unies entre elles par les côtés et fixées, par en bas, sur quelque surfsice. La tranche supérieure, au contraire, percée de petits trous réguliers, supportait une grille de métal à laquelle la balustrade de marbre servait de soubassement. MM. Uansen et Scbaubert , à qui revient l'honneur d'avoir découvert et relevé le temple de la Victoire, remarquèrent au bord de la terrasse, sur les dalles de marbre, une rainure d'un poli et d'une couleur différente; sa largeur correspond exactement à la largeur des plaques dans lesquelles les bas-reliefs sont taillés comme
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dans des cadres. Il y avait, en outre, des traces de scellement, et, comme ce côté de la terrasse est précisément celui qui domine l'escalier des Propylées, ils ont conclu avec raison qu'il y avait là une balustrade formée par une série de sculptures qui regardaient l'entrée de l' Acropole et lui servaient de magnifique décoration.
Plus tard , on a découvert des fragments du même genre, dont un, surtout, est assez complet et d'une grande beauté. Je viens moi-même de trouver trois morceaux d'une nouvelle Victoire, un pied, une draperie, une aile; le bras d'une autre Victoire qui tient un bouclier ; le torse d'une troisième dont les deux mains semblent avoir porté ou présenté quelque objet. Tous ces fragments sont réunis dans la cella même du petit temple, l^'est là que cette troupe charmante attend que la main d'un artiste la restaure et lui redonne la vie.
Sur la plaque la plus considérable, on voit un taureau qui se cabre; une Victoire, qui le masque en partie, le retient avec effort. Ses jambes sont écartées; le corps se rejette en arrière comme pour résister à l'impétuosité de l'animal, qui l'entraîne à demi. En avant de ce groupe, une autre Victoire s'élance vivement : son bras gauche est levé en signe de triomphe, ses ailes sont étendues, ses draperies sont agitées par la rapidité de ses
mouvements : on dirait qu'elle va prendre son vol.
Le même sujet se retrouve sur deux bas-reliefs, à Rome et à Florence. Celui de Florence^ surtout, est une copie manifeste : seulement je ne me rappelle pas si les femmes ont ou non des ailes; au Vatican , elles n'en ont pas. Lorsque ces représentations étaient ainsi détachées, on ne pouvait y voir autre chose qu'une victime destinée au sacrifice qui s'échappe, et deux prétresses oa deux figures allégoriques , dont l'une s'efforce de la retenir, tandis que l'autre s'enfuit effrayée. A Athènes, au contraire, à côté du temple de la Victoire, le sujet devient plus précis ; que ce soit le taureau de Crète ou le taureau de Marathon, ce sera toujours uu triomphe remporté par un héros athénien, et l'on ne comprend pas pourquoi la peinture allégorique de ce triomphe marque-* mit la fuite et l'effroi. Du reste, le mouvement de la Victoire qui précède le taureau, son élan résolu, la hardiesse et les jets de sa draperie, trahissent plutôt l'ardeur que la crainte, et j'y vois plus vo* lontiers un être immortel qui part pour annoncer une nouvelle glorieuse qu'une femme qui. fuit devant un danger.
On remarque, à la ceinture des Victoires, deux petits trous destinés à recevoir des ornements de métal.
Quelque justement admiré que soit ce bas-