CHAPITRE XIV
ses sens par les résultats que la science démontre , et je ne crois pas qu'on trouve jamais en défaut leur sincérité.
J'ai déjà parlé des circonstances qui avaient accompagné la construction du Parthénon et de celles qui avaient amené sa ruine '. L'explosion de 1687 l'a coupé par le milieu. La cella entière, le pronaos, six colonnes du côté méridional , huit du côté septentrional, ont été renversées. Leurs monceaux gisent à droite et à gauche; la grandeur et la beauté de ces marbres épars donnent encore plus de caractère au monument lui-même.
Le péristyle et la cella étaient décorés, à l'extérieur, de sculptures qui seront l'objet d*un chapitre spécial. Au sommet du fronton, il y avait, comme couronnement, un immense fleuron d'acanthe, dont plusieurs fragments ont été retrouvés à terre, il y a quelques années. Mais on ignore s'il y avait, en outre, des statues de chaque côté du fleuron , comme au temple d'Égine. De même, les deux angles des frontons supportaient des sujets dont l'emplacement est encore indiqué par de grands trous carrés. Peut-être supportaient-ils, selon l'habitude, des trépieds dorés, des sphinx, des griHbns.
La façade orientale avait reçu de plus une décoration mobile, disposée sur l'architrave et au-dessous de chaque métope. C'étaient des boucliers d'or, non
Voyez les chapitres II et III.
pas enlevés aux Perses, comme on Ta avancé sans preuves, mais ajoutés postérieurement à la construction du temple ; car les trous de scellement sont faits irrégulièrement et comme à la h&te. Pausanias laisse même supposer qu'ils furent offerts par l'orateur Lycurgue pendant sa florissante administration. Il dit que tous les ornements d'or et d'argent que Lycurgue consacra à Minerve furent enlevés par le tyran Lacharès, et, dans un autre cliapitre, il avait raconté que Lacharès, en fuyant devant Démétrius, avait emporté de la citadelle les boucliers dor. Ces boucliers furent remplacés , et ceux que l'on substitua furent d'un métal moins précieux; car on voit encore sur l'architrave les teintes oxydées qui ont dessiné leurs contours. Au dessous des triglyphes, on remarque une foule de petits trous percés avec une certaine régularité. On a supposé qu'ils retenaient jadis autant de lettres d'or ou de bronze. Ce qu'il y avait d ecrit , personne ne peut le deviner. Tous ces monuments devaient charger un peu l'entablement et nuire à l'effet des lignes. C'est une raison de croire qu'ils furent ajoutés après coup. Combien de fois n'arrivet-il pas qu'à force de vouloir parer un monument on le gâte!
Enfin l'on observe , au pied de la plupart des colonnes du péristyle , des traces carrées que semblent avoir laissées des piédestaux. Ils étaient adossés aux colonnes et reposaient sur le degré du soubassement. C'est ainsi qu'au Forum de Pompéi chaque colonne