CHAPITRE XIV. 21S
était à demi masquée par une statue. Les piédestaux sont beaucoup plus petits autour du Parthénon; mais ridée n'en est pas moins malheureuse. Elle appartient, du reste, à une époque de décadence, car les empreintes et les travaux de scellement n'ont rien que d'assez grossier. On dirait que la place a manqué dans l'Acropole remplie déjà de monuments, d'offrandes et de statues, et que les âges postérieurs ont dû envahir le temple même de Minerve. C'est au nord et à l'ouest qu'on trouve les traces les plus nombreuses. Tes cotés sont, en effet, plus exposés aux regards, puisqu'ils sont tournés vers la voie principale.
On montait au Parthénon par de petites marches ajustées entre les hautes assises du soubassement. Le portique était fermé par une grille scellée entre les colonnes, et qui s'élevait jusqu'aux chapiteaux. On en voit la trace sur la seule colonne qui soit encore debout. Il en était de même au portique opposé.
Dans le fond du temple, l'emplacement de la statue colossale de Minerve est marqué par un pavement de tuf, pierre poreuse qui maintenait l'humidité nécessaire à la conservation de l'ivoire. Ce pavement tranche sur les dalles de marbre qui revêtent le sol du temple. Il a 6 met. 5o cent, de long sur 2 met. 5o cent, de large. Le piédestal était plus grand encore que le rectangle dessiné, par la différence des matériaux ; c'était dans le marbre que s'enfonçaient les crampons dont les traces sont à 7$ cent, en avant
du tuf. La statue avait, avec sa base , quarante-cinq pieds de haut. A droite et à gauche de Minerve étaient placés son vaste bouclier et le serpent Erechthée; ces accessoires expliquent la largeur du piédestal.
L'intérieur du temple a été si complètement ruiné, que les dispositions. sont restées longtemps un problème. On ignorait même de quel ordre étaient les colonnes qui formaient les deux portiques j et Stuart a mis dans son plan les colonnes byzantines qu'il a trouvées. M. Paccard , le premier, a découvert, sur les dalles un peu rehaussées qui supportaient les colonnades, l'empreinte de cannelures doriques. J'ai déjà eu occasion de montrer pourquoi , avant de les poser, on laissait bruts les tambours des colonnes. Lorsque la colonne faisait comme un seul morceau, on commençait à la canneler. Mais les coups de ciseau , quand on sculptait le pied des colonnes, tombaient sur le sol et l'entaillaient légèrement. C'est ainsi que s'est gravé leur contour. Le diamètre une fois connu , il est facile de calculer les entre-colonnements , et tout le monde s'accorde à compter dix colonnes de chaque côté. Par le diamètre encore on calcule la hauteur des colonnes, et l'on est amené à rétablir un second étage de colonnes plus petites qui arrivaient jusqu'au sommet du temple. L'exemple de Paestum* autorise à croire qu'elles étaient également d'ordre dorique. De même à Égine, le temple, si petit qu'il fût, avait