CHAPITRE XIV
deux étages de colonnes doriques à Tintérieur. M. Paccard a supposé que cet étage n'avait point de plancher au Parthénon. L'absence d*escalier lui a fait croire tout à fait inutile une galerie où personne n'aurait pu monter. Peut-être assimile-t-on à tort les temples antiques à nos églises modernes , et cherchet-on trop volontiers à subordonner leur disposition à la présence de la foule. Les autels qu'on trouve en avant des temples , notamment à Paestum et à Pompéi, attestent que les sacrifices avaient lieu au dehors. On voit dans une célèbre peinture de Pompéi, Hè Sacrifice à Isis , le peuple rangé des deux côtés de l'autel , les prêtres descendant les degrés du temple, et la divinité qui , du fond du sanctuaire , assiste aux honneurs que lui rendent les mortels.
Dans le Parthénon en particulier, si les visiteurs étaient introduits , il n'est pas vraisemblable que la foule fût régulièrement admise. En partant de l'idée que le temple était uniquement la demeure du dieu, on trouvera que la décoration est un principe plus naturel que l'utilité. Or un double portique et un double plafond ne sont-ils pas plus favorables à la décoration? Il n'y avait point de plafond à Paestum, non plus qu'à Égine; mais on ne peut comparer ces temples au Parthénon , ni pour la grandeur, ni pour la richesse.
L'espace compris entre les deux portiques est à un niveau plus bas que l'espace qu'ils couvraient. On a cru que cette dépression n'était ménagée que pour
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contenir l'eau qui entourait la statue d'ivoire, et la prémunissait contre les dangers d'un air trop sec. Cependant , comme cet exhaussement du sol n'existe que sur trois côtés et manque vers le pronaos, comme toute la longueur de la cella ne pouvait être inondée, il est plus vraisemblable qu'on voulait, par cette inégalité de niveau, former à la colonnade dorique un degré, un léger stylobate. Du reste, un témoignage positif nous apprend qu'au XVII* siècle le temple conservait encore sa disposition primitive, Cornelio Magni, qui visita Athènes en 1674, dit expressément que l'ordre intérieur du Parthénon était Yordre dorique. ' On ne peut évidemment attribuer l'emploi de cet ordre aux Byzantins. Longtemps on n'a fait aucune attention à cet avertissement, parce qu'on regardait comme antiques les petites bases ioniques c[ui se trouvent encore dans l'intérieur du temple, et qui furent apportées après l'explosion de 1687, pour reconstruire une église ou une mosquée. Mais la découverte de M. Paccard donne un tel poids aux paroles de Magni, qu'il parait impossible que la colonnade dorique n'existât pas encore de son temps.
Un autre problème, mais qui reste insoluble, c'est de savoir si le Parthénon était couvert ou découvert.
■ Dividesi il tempio interiore io Une oavi : le dae collatenlî aisai an^usle, quelUdi mezzo ampiusima, spartiU da colonne. Glî irchitravi e capiteUi risaltano in ordine dorico.
(Corn. Biagni, Parme^ 168a, p. 63.)