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CHAPITRE XIV

Dans le temple, il y avait des objets précieux, des peintures, notamment un portrait de Thémistocle, offert par ses enfants rappelés de lexil ; il y avait surtout la Minerve de Phidias, en or et en ivoire. Je ne puis me figurer ces chefs-d'œuvre ensevelis dans les ténèbres ou exposés à tous les veiits et à toutes les pluies. Le système éclectique qui couvre le temple, en réclairant par en haut de cette belle lumière perpendiculaire que nous cherchons dans nos coupoles et nos musées, ne peut se démontrer davantage * ; mais il rencontre peut-être plus de sympathie , aujourd'hui c[ue les préjugés sur Tagnitiquité sont en partie dissipés, et qu'on ne croit plus les Grecs assez barbares pour ne savoir même pas fermer une porte ou une fenêtre.

On sait que l'opisthodome renfermait le trésor public. C'était un usage général , dans l'antiquité , de mettre sous la protection des dieux les richesses de l'État. A peine le Parthénon était-il achevé, que déjà Périclès parlait des lingots et des six mille talents d'argent monnayé qui s'y trouvaient déposés. Aristophane fait de Plutus le gardien éternel de l'opisthodome. Le mot opisthodome était même devenu synonyme de trésor. Aussi cette partie du

' M. Cavallari^ Parchitecte sicilien qui a dirigé toates les fouilles nécessaires pour l'ouvrage du doc Serra di Falco, me disait qu'au grand temple de Sélinoute il avait trouvé, au centre de la cella, quatre acrotères qu'il croyait avoir décoré les quatre angles d'une ouverture rectangulaire dans le toif.

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temple perdait-elle beaucoup de son caractère religieux. Autrement y toute la bassesse des Athéniens n'eût pu leur faire commettre une impiété aussi énorme que de loger Démétrius Poliorcète et ses courtisanes dans le sanctuaire de Minerve. C'est pourquoi Plutarque pjarait moins choqué de cette hospitalité que du spectacle peu édifiant qu'offraient à une chaste déesse des voisins en continuelle débauche.

Vers le temps de Démosthènes, le feu prit à l'opisthodome, et les caissiers furent mis en accusation. Mais nous ignorons l'issue du procès. Ces caissiers, qu'on appelait Hellénotames , parce qu'ils administraient le trésor commun des alliés, administraient en même temps les revenus sacrés , affectés particulièrement à la réparation des temples et aux dépenses du culte. C'étaient eux aussi qui veillaient sur les objets et sur toutes les offrandes qui remplissaient le reste du temple. On a trouvé de nombreux fragments des catalogues qu'ils dressaient chaque année avec leurs secrétaires , en se transmettant leurs fonctions. J'en ai découvert un nouveau morceau audessous des Propylées. Chaque table embrasse l'intervalle d'une fête panathénaïque à l'autre , c'est-àdire quatre années. On y fait l'inventaire des objets contenus dans le Pronaos , dans le Parthénon , dans V Hécatompédon. On comprend l'embarras des modernes, lorsqu'il s'agit de découvrir à quelle partie du temple s'appliquaient ces deux derniers noms.

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