CHAPITRE XIV
Les historiens les emploient indifTéremment pour désigner le temple tout entier. Mais les inscriptions nous apprennent qu'il y avait à l'intérieur deux divisions nommées, l'une Parthénon, l'autre Hécatompédon. Plusieurs hypothèses sont possibles; la plus vraisemblable est celle de M. Bœckh : \ Hécatompédon y dit-il, c'est la cella tout entière; le Parthénon y c'est plus particulièrement une portion de l'Hécatompédon , celle où se trouvait la statue.
La nature même des objets énumérés dans les catalogues justifie jusqu'à un certain point cette explication. Sous le pronaos , il n'y a que des vases d'or et d'argent, une quantité de fioles *, de coupes, de flacons , des lampes d'argent et une couronne d'or. Ces vases servaient peut-être aux sacrifices et aux processions, et on les tenait exposés à la vue de tous, derrière la grille du pronaos, dont on comprend maintenant l'utilité.
Dans le Parthénon , au contraire , ce sont les offrandes des peuples et des particuliers, des l)ouciiers *, des casques , des cimeterres dorés , des clous et un masque d'argent doré , des épis , des serpents dorés , des gryphons , des têtes de lions , une jeune fille sur une colonne , huit lits de Chio , dix lits faits
■ On voit signalées sous un seul titre cent vingt et une fioles d'argent.
* Cinquante et un portant des emblèmes et des incrustations, quarante revêtus de bronze.
à Milet, neuf pliants, une table d'ivoire, des lyres de toute espèce , un carquois en ivoire garni d'or, oflfert par les Méthymnéens, douze pieds de lit d'argent plaqué , un onyx monté sur une bague en or, etc., etc.
Mais dans l'Hécatompédon , pendant quelques années, il n'y a que trois fioles d'or, une statuette et deux ou trois objets que reproduisent les catalogues successifs. Puis, tout à coup, on voit apparaître, . comme au pronaos , une quantité de flacons , d'encensoirs , de couronnes d'or, de vases à eau lustrale, tout le matériel des sacrifices et des processions. On dirait que le pronaos s'étant rempli (et cela devait arriver promptement), les nouvelles richesses du culte pénètrent dans la cella et commencent à en orner l'entrée, tandis qu'au fond, autour de la statue, les plus somptueuses offrandes décorent les balustrades et les portiques.
Les armes et les lyres sont suspendues aux colonnes, les lits adossés au gigantesque piédestal, les objets plus délicats , les œuvres d'art rangés sur des tables et des supports. On ajouta même plus tard la statue d'Adrien, tandis que la statue d'Ipbicrate décorait le pronaos. Au temps de Valentinien et Valens, un hiérophante nommé Nestoriûs consacra au-dessous du colosse une statue d'Achille. C'était un musée, en un mot, créé par la piété publique. L'orgueil national y contriliuait aussi pour sa part. Le trône aux pieds d'argent, du haut duquel Xerxès avait