‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 114 sur 200 · CHAPITRE XIV. 2Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. 2Î

non plus que ces broderies aux nuances si vives qui courent légèremeut sur une étoffe blanche. Il me siérait mal de prétendre analyser, par hypothèse, des effets qui nous sont inconnus. J'aime mieux m'abstenir, pour avoir le droit de défendre le goût antique contre la tyrannie du goût moderne.

Nous ne voulions pas admettre d'abord la polychromie des temples, parce' que cela choquait toutes nos idées*; nous la concevons aujourd'hui, nous lui trouvons même des beautés. — A son tour, la disposition. des couleurs froisse notre délicatesse et nos habitudes : faut-il pour cela corriger à notre guise les ruines anciennes? C'est au nom de notre respect pour le génie grec, je le sais, que nous lui prêtons les inspirations qui nous semblent les plus heureuses. Mais si les principes du beau sont, comme on le croit généralement, universels et immuables , il n'en est pas de même des raffinements du goût, qui varient avec les âges et qui dépendent beaucoup de l'éducation. N'est-ce pas un bien plus grand effort d'accoutumer notre imagination aux impressions nouvelles d'un monument coloré, que de plier notre goût à une opposition de tons plus franche que nous ne l'aimons? Il est donc prudent, dans de pareilles questions, de mettre de côté nos préjugés et nos préférences , pour ne nous laisser

' MilHiiy remarquant de la peinture sur un morceau de la frise du Parthénon apporté par M. de Choiseul, Fattribuait au génie encore bar^ luirt des anciens. N'est-ce pas un peu notre histoire à tous?

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conduire qu'aux preuves matérielles. Encore faut41 qu'elles soient consacrées par des témoignages unanimes, tant l'appréciation en est délicate.

Tout le mdnde s'accorde à peindre de la même manière l'entablement du Parthénon, les plafonds de ses portiques, la frise et la corniche de la cella, en un mot les parties hautes du temple, qui, parleur développement et leur continuité, voulaient être distinguées les unes des autres et rehaussées d'ornements. M. Paccard est le premier qui ait constaté la présence de l'ocre jaune sur les colonnes.

La couleur jaune a cette propriété en Grèce de naître naturellement sur le marbre et sur la pierre; si bien qu'il est impossible de savoir si la croûte dorée qu'on en détache est l'œuvre du temps ou de Fart. Partout on observe ce phénomène, même sur des fragments qui conservent des traces de couleurs différentes : à peine quelques écailles étaient-elles tombées, qu'une couche naturelle se formait à leur place, et cette couche , par des causes que la chimie peut seule analyser, est toujours jaune , du moins sur le marbre pentélique. Si les Grecs, n'avaient peint leurs édifices, la nature l'aurait fait pour eux. C'est pour cela que la couleur jaune doit être suspecte. Je reconnais aussi combien elle serait favorable à l'adoucissement et à l'harmonie des tons, telle du moins que nous la comprenons. Mais il s'en faut qu'on puisse encore considérer cette donnée comme définitivement acquise à la science.

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