CHAPITRE XIV
Le dessin seul peut présenter tous les détails des peintures du Parthénon. Une description serait obscure et incompréhensible à force de minuties; je n'indique que les parties importantes.
Les triglyphes étaient bleus ; le fond des métopes, rouge; les mutules, bleues; et la bande en creux qui les sépare , rouge. I^s gouttes étaient dorées.
Les frontons étaient-ils bleus ou rouges? C'est ce que je ne puis décider. Les frontons des autres temples étaient peints en bleu, et j'ai cru souvent remarquer des traces de couleur bleue sur le fronton occidental. Mais M. Paccard déclare n'en avoir pas trouvé. Il a reconnu au contraire , parmi les débris épars sur le sol, un fragnient*-4lu fronton oriental peint en rouge. J'ai bien vu du rouge sur le fronton occidental, inais sur les moulures d'encadrement, et non sur le fond.
La frise de la cella était surmontée de canaux alternativement rouges et bleus : au-dessous de la frise courait un méandre sobrement peint et surtout doré. Puis des rais de cœur distingués par des filets rouges sur un fond bleu. Les caissons bleus, image du ciel, avec leurs étoiles d'or, sont particulièrement populaires.
Sur un chapiteau d'ante, M. Penrose a vu desoves blancs séparés par des fers de lance rouges * et des rangs de perles en or sur un fond bleu. Peut-être,
Ouvra^ cité, Planche a3.
dans sa restauration, M. Penrose abuse-t-il des dorures qui n'ont en décoration qu'une valeur de reflet. Il est facile de comprendre pourquoi les couleurs qu'employaient les Grecs sont si peu variées et poui^ quoi leur alliance est si franche. Excepté les triglyphes, les ornements peints sont si petits et si délicats , qu'ils seraient invisibles à leur hauteur, si des oppositions vigoureuses ne les détachaient les uns des autres. C'est ce que ne considèrent point assez ceux qui sont choqués de la dureté des tons. Us étaient adoucis par la distance et la proportion.