‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 12 sur 200 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

qui rornaient. L'or seul de la statue de Minerve valait environ cinq cents talents (trois millions). C'est ce que Përiclès assurait au peuple athénien et ce qui fut prouvé dans le procès de Phidias. Aucun autre renseignement ne nous est parvenu.

On se trouve dans la même incertitude pour la date du Parthénon, tandis qu'on a, sur l'époque des Propylées, des chiffres aussi précis que sur leur prix. Us furent commencés sous l'archontat d'Euthymène, la quatrième année de la 85* olympiade, c'est-à-dire Tan 436. Mnésiclès en était l'architecte ; et au bout de cinq années, en 43 1, ils étaient complètement terminés.

Un an avant que l'on construisît les Propylées, la troisième année de la 85" olympiade, Phidias avait placé dans le Parthénon la statue de Minerve en or et en ivoire. On en peut conclure que le temple était achevé; mais l'époque où il fut commencé nous est inconnue. Peut-être fut-ce après l'exil de Thucydide, en 444-

Quoi qu'il en soit, les anciens eux-mêmes admiraient la rapidité avec laquelle s'élevaient des édifices qui , par leur grandeur et leur perfection , semblaient devoir occuper plusieurs générations. « Ce <c qu'il y a de plus surprenant , dit Plutarque , c'est «f leur prompt achèvement. Chacun d'eux paraissait « exiger plusieurs âges d'homme pour être terminé, <c et tous le furent sous l'administration d'un seul. »

Mais ni un gouvernement de fait absolu, ni la

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suite dans les vues, ni Targent fourni à profusion, ni une multitude d'habiles artistes, ni une paix profonde, ne suffisent à expliquer ce miracle. Le secret, c'est l'unité de direction , c'est la grande et active pensée d'un seul homme qui conduisit l'œuvre entière. « L'amitié de Périclès avait mis Phidias à la « tête des travaux ; tout reposait sur lui , il dirigeait « tous les artistes , et cependant il en avait de bien a grands sous ses ordres. » C'étaient , en effet, Callicrate et Ictinus , les architectes du Parthénon ; Corœbus, Métagène, architectes du temple d'Eleusis ; Mnésiclès, qui construisit les Propylées; les sculpteurs Alcamène, Agoracrite, Crésilas, Critios, Nésiotès, Ck)lotès, le Thrace Paeonius, dont les uns étaient les élèves , les autres les rivaux ' de Phidias. C'était le peintre Panœnus, frère de Phidias, qui luimême avait commencé par étudier la peinture, et qui devait posséder aussi une connaissance approfondie de l'architecture , comme les sculpteurs Callimaque, Polyclète, Scopas. Autrement sa surintendance de • tant de travaux de construction n'eût été qu'illusoire. Cette universalité est trop familière aux génies de la renaissance pourqu'elle'nous étonne dans l'antiquité. Cependant, quelque large part que l'on veuille faire à Phidias dans les œuvres de ce beau siècle, il faut reconnaître que la postérité se montre injuste envers ceux qui les ont créées de concert avec lui.

' Qao eodem teropore «inuli ejus fuere Alcamenes, Critias, Nesîotes, Hegias. (Plin., XXXIV, 19.) Les inscriptions donnent Critios.

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