‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 123 sur 200 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

d'entrer au Parthénon. Ce groupe représentait Neptune et Minerve, faisant paraître, l'une l'olivier, l'autre un flot de la mer. Mais, l'existence de l'olivier ne pbangerait en rien l'explication proposée par Ottfried MùUer, puisque ce n'est qu'après l'avoir planté que Minerve dompte le cheval.

Il ne reste du Neptune qu'un morceau du torse, d'une puissance et d'une perfection divine. Le haut de sa poitrine justifie l'idée des poètes qui croyaient que la poitrine d'aucun dieu n'en égalait la beauté : « Agamemnon, qui a les yeux et la tète de Jupiter a maître de la foudre, la ceinture de Mars, la poi- « trine de Neptune ».

De la Minerve, nous avons également une partie de la poitrine, couverte de grands plis et de l'égide. On voit , au bord , les trous auxquels s'attachaient les serpents de métal , et , au milieu , ceux où la tête de Méduse était fixée. Un morceau du masque de Minerve gisait sur le fronton. Lord Elgin l'a fait enlever et emporter à Londres. L'orbite des yeux est creusée pour recevoir des globes d'une matière plus précieuse, et le front encadré par une coiflFure plaquée qui rappelle le tétradrachme du siècle de Périclès. Le masque a trente-cinq centimètres environ de développement, deux fois la proportion ordinaire. Le casque de bronze qui enfermait la tête a laissé un sillon qui en dessine le contour. On voit aussi les traces des clous qui le retenaient.

La proportion du Neptune et de la Miner>e est

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de onze pieds. Les deux divinités avaient chacune derrière elles leurs partisans et leurs favoris : Neptune les dieux de la mer, Minerve les héros de l'Attique.

Les chevaux que Minerve contenait d'une main puissante, traînaient sur un cliar la Victoire et Érechthée. De tous les deux il reste le torse. Celui de la Victoire est d'une vérité et d'un mouvement charmants. Sa tunique est serrée autour des reins par une large ceinture. Le corps un peu replié sur luimême, les jambes pressées et fléchissantes, rassemblent gracieusement leur force et toute leur élasticité. La tète de la Victoire , emportée à Venise par quelque Vén itien,après la prise de l'Acropole, a été reconnue par M. le comte de Laborde, à qui elle appartient aujourd'hui. Quant aux chevaux qu'elle osait conduire, à la grande admiration d'Érechthée *, on sait que Morosini , frappé de leur beauté , voulut les emporter à Venise. Ses gens s'y prirent si malheureusement qu'ils les précipitèrent sur le rocher. On en a retrouvé des fragments nombreux. On remarquera de préférence les têtes , inférieures peut-être à celles du fronton oriental , une jambe de derrière où le jeu des muscles , les saillies des veines sont rendus avec une vérité et un fini incroyables. C'est là qu'on juge combien l'école de Phidias savait faire circuler sous

* Dans le dessin de Gairey la tête d'Érechthée est tournée , non pas vers Minerve y mais vers la Victoire.

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